Jeudi 17 juillet 2008
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Victoire de la sélection espagnole, défaite de l’Espagne
(rebelion, 03.07.08) Guillermo Sánchez Vicente.
L’équipe espagnole de football a gagne une chose appelée “Eurocopa”. Les
rares Espagnols qui aiment vraiment le foot ont profité du match, les autres du résultat. […] Ainsi,
les masses déchaînées ont pu occuper les rues du pays et faire tout ce qu’un citoyen ordinaire ne se
permettrait pas de faire à un autre moment: klaxonner tard la nuit, donner l’accolade à des
inconnus, crier jusqu’à s’enrouer, se saouler publiquement et impudiquement, secouer des voitures
qui roulent sur la chaussée […] Tout pour un résultat qui ne va rien modifier aux vies réelles de
presque personne, mais qui octroie la dose suffisante de narcotique pour continuer à être aliénés
(Pain et football: le refuge de l’illusion). Le solde de la “victoire”: à Madrid, une bataille rangée
de fêtards à coup de bouteilles contre la police (cinquante deux arrestations), une augmentation de
presque 100 % des appels d’urgence, des agressions, des accidents de la circulation, des incendies
et des intoxications éthyliques, au moins cinquante blessés, plus de 43.300 kilos d’ordure
(demandant le double d’employés du nettoyage que ce qui avait été stipulé), un autobus et ses
passagers caillassés, des jeunes cassant les rétroviseurs des véhicules circulant tard la nuit … En
Catalogne, plus de 80 incendies de conteneurs d’ordure et quatorze arrestations. […] Ce qui est
préoccupant est que cela implique une inversion brutale des valeurs que nous prônons le plus et
appliquons le moins. La solidarité, le respect, le civisme, le cosmopolitisme… sont remplacés par le
patriotisme vulgaire, ethniciste et identitaire (après on déblatère contre les nationalismes
exclusifs!), par le fanatisme tribal, l’idolâtrie des multimillonaires (dont l’apothéose arrive lorsque
le “peuple” reçoit les joueurs), le refus de l’équipe (et du pays) adversaire, le mépris contre celui
qui ose affirmer qu’il aurait désiré la défaite de l’équipe de son pays […]
Kaos en la red (01.07.08) rajoute une information, la retransmission « insistante,
vulgaire et ultra nationaliste » en directe des festivités. Et le lendemain, sur une radio FM, une speakrine, « exultante et toute joyeuse commentait que la fête jusqu’au petit matin n’avait pas
occasionné d’incidents, sauf un “putain de blessé ("herido de mierda”) qui gâchait la soirée. Tout à fait exact puisque le blessé mourut en tombant par terre. Un bon exemple d’aliénation
chauvine, chez une
professionnelle de la communication. On constate (la consommation en moins) un schéma de manipulation identique sous le franquisme, la saison de foot étant suivi de celle de la corrida. Le pain
et cirque du dictateur Jules César étant devenu pain, supermarché et foot (ou baseball et basket, ou foot et samba, suivant les pays).
Source : http://www.fondation-besnard.org/article.php3?id_article=671