Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique  sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle.

 
On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.

 

Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /2008 17:24

Le tour de la pacotille publicitaire et des laboratoires pharmaceutiques est parti. En 1924, déjà, Albert Londres raconte la souffrance des "forçats de la route" (l'expression est de lui). Le sport, c'est le bagne, même si les forçats d'aujourd'hui sont mieux payés.

Merci à José Posada.


Tour de France, tour de souffrance, Albert Londres 1924. Ed. Le serpent à plume, 2006


«Vous n'avez pas idée de ce qu'est le Tour de France, dit Henri, c'est un calvaire. Et encore, le chemin de croix n'avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en compte quinze. Nous souffrons du départ à l'arrivée. Voulez-vous savoir comment nous marchons? Tenez...»
De son sac, il sort une fiole:
«Ça, c'est de la cocaïne pour les yeux, ça, c'est du chloroforme pour les gencives...
- Ça, dit Ville, vidant aussi sa musette, c'est de la pommade pour me chauffer les genoux.
- Et des pilules? Voulez-vous voir des pilules? Tenez, voilà des pilules.»
Ils en sortent trois boîtes chacun.
«Bref, dit Francis, nous marchons à la ``dynamite''.»



Par Zinedine Z. - Publié dans : Beauté du sport
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