Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique  sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle.

 
On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.

 

Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /2008 11:05
Imaginez tous les êtres humains de la planète courant les uns contre les autres. Tout le monde ayant intégré l'idéologie de la compétition, le "struggle for life", il reste à faire ses preuves. Cours et gagne ou meurs. Voilà le "rêve" que Nike est en passe de concrétiser.

Voici enfin l'idéal de vie où l'on déclanche son chronomètre dès le départ. ( "Pour exploiter la rivalité inhérente au jeu, le sport se sert du temps. Quand apparaît un chronomètre, il est déjà trop tard", Gustav Caroll, "Contre le sport" p 72 - je reparlerai de cet excellent bouquin plus tard -) Cours Forest, cours. Nous n'avons pas le temps, jamais le temps de profiter de la vie, de contempler la ville, la campagne, les êtres vivants autour de nous. "J'avais acheté un vélo avec un compteur kilométrique ; du coup, moi qui habite une des plus belles régions de Suisse, au bord du Léman, j'avais les yeux braqués sur le compteur ignorant le lac et les montagnes ; depuis que j'en ai pris conscience, j'essaie d'être le plus lent possible, d'apprécier."  (
Alexandre Jollien)

L'idée que nous fait avaler ce genre d'épreuve est la suivante : puisque l'humanité entière est sur le point de m'écraser la gueule, il faut lutter, il faut courir, les "niker" avant
qu'ils me "nikent".

Une intelligence de spermatozoïde. A lire.

Courir, courir, courir, courir, courir, courir,
Tenir, tenir, tenir, tenir, tenir, tenir,
Ceux qu'ont la rage de vivre, il n'y a qu'ceux-là qui tiennent
Maint'nant on n'se bat plus, oh ce n'est plus la peine,
Les mecs tombent un à un, morts avant d'toucher l'sol,
Exténués, épuisés, vidés, rincés, ras l'bol.
C'est bon d'se laisser choir, dormir comme les noyés
Mais ceux qui s'laissent tomber, c'est pour l'éternité.

Par Zinedine Z. - Publié dans : Beauté du sport
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés