Dimanche 30 novembre 2008
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Ce texte un peu long est publié en plusieurs
fois. Il est très intéressant sur la dimension d'"appareil stratégique capitaliste" du sport. Jacques Hennebert explique bien ici comment les capitalistes utilisent les évenements sportifs
pour modifier le paysage, développer les infrastuctures et déformer les mentalités pour faire du fric. Troisième partie : Plus gros, plus riche, plus fort… que les autres.
Z.Z
Jacques Hennebert : conseiller municipal et membre du comité des Jeux Olympiques en 1968, opposé à la
candidature de Grenoble pour 2018
jeudi 30 octobre 2008 par Comité Anti-Olympique (CAO)
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=174
http://www.hns-info.net/spip.php?article15999
Les Jeux de 2018, le Sillon alpin et la croissance
A propos du Sillon alpin, ce qu’on cherche ce sont des effets de croissance et c’est fondamentalement pervers.
C’est au nom d’un soi-disant progrès. Je conteste le progrès. Quand on parle de progrès il faut savoir pour qui et pour quoi faire, autrement on n’a pas le droit d’en parler, on est un
usurpateur. On trompe les foules avec le progrès. Si c’est pour faire toujours plus, plus grand… Il faut faire marcher son intelligence. Les gens ont créé la ville, se sont rassemblés pour
pouvoir lutter contre les événements, avoir un accès aux services, échanger entre eux : la ville est née comme ça. Mais ça ne veut pas dire que le mouvement en lui-même est vertueux. Il ne
faut pas confondre l’objectif, pourquoi on fait ça, pour qui, avec la forme, à savoir la vitesse. La forme n’est pas vertueuse.
Il y a sans doute un problème de liaisons en transports publics dans le Sillon alpin : qu’on résolve ce
problème, mais qu’on n’utilise pas le projet de Sillon alpin, un truc énorme, pour avoir des transports. C’est encore une fois prendre le prétexte des transports pour faire autre chose. Il faut
toujours se demander pour quoi faire. A propos de la candidature de 2018, je ne suis pas étonné de Michel Destot, compte tenu de son profil que j’ai déjà décrit, et de ses ambitions personnelles.
De la part de Stéphane Siebert, ça me navre littéralement. C’est un homme intelligent, attentif, rigoureux, et je suis sidéré de voir qu’il adhère au projet. Il a commencé par adhérer au Parti
Socialiste et à mon avis, là il a commencé à déraper et ça s’est accentué, il fréquente Destot tous les jours, il est sous pression. Sa copine (NDR : Geneviève Fioraso), députée, j’essaie de
lui glisser dans l’oreille de faire attention. Il paraît qu’elle n’est pas à fond pour les Jeux, mais elle n’ose pas le dire. Entre son attitude en privé et ce qu’elle dit en public, il y a deux
choses. Il y a sans doute une certaine solidarité entre élus. Dans le milieu associatif on n’a pas encore pris position, mais je sens qu’à la première mesure annoncée on va se mettre à hurler.
C’est un problème de fond avec Destot, comme je ne suis pas psychanalyste ou psychiatre, je me sens pas capable de le changer, donc je suis obligé de l’affronter. Je fais des papiers dans mes
journaux associatifs. Mon arme c’est d’écrire. Et de temps en temps quand j’en rencontre un je le coince et je lui dis ce que je pense. Je ne sais pas si ça peut changer quelque chose, mais je
crois à la théorie du grain de sable."
Propos recueillis par le Comité Anti-Olympique à Grenoble, le 28 octobre 2008