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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 20:33
Les évènements sportifs sont des coups d'accélérateurs capitalistes, fait pour générer du fric pour les riches et les entreprises, en particulier les multinationales. Ils stimulent fortement la pénétration du marché capitaliste dans des zones où son influence était encore limitée. Ces évènements renforcent l'oppression et la misère des populations. On ne peut pas lutter pour l'émancipation des peuples et se coller béatement devant un match de la coupe du monde (ou autre compet)
Ici, la coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud :

http://www.courrierinternational.com/article/2009/05/28/ballon-rond-et-coups-tordus

extraits :
Dans des endroits comme Nelspruit (est du Transvaal), l’enthousiasme a reculé face à la corruption, aux confiscations de terres et aux salaires de misère. “Le stade nous a valu beaucoup de souffrances, confie M. Maseko. Les entrepreneurs ont fermé les écoles pour les transformer en dortoirs pour leurs ouvriers. Depuis deux ans, nos enfants sont obligés d’étudier dans la chaleur étouffante de bâtiments préfabriqués. Il y a très peu d’installations sanitaires et pas d’équipements sportifs ni d’aires de jeux. C’est pour cette raison que j’appelle le stade le ‘terrain de jeux’. Avec tous ces ouvriers dans les parages, je ne peux pas laisser mes filles aller à pied à l’école. Je vis dans ce coin depuis dix-neuf ans, mais c’est la pire période que j’aie jamais connue. Quand le chantier sera terminé, le stade aura l’électricité, des ordinateurs et des toilettes modernes avec des cabines séparées pour les hommes et les femmes. Mais nous qui vivons ici, nous n’aurons toujours rien, si ce n’est des milliers de chômeurs.”

Pour les syndicalistes :
Ces deux dernières années, le chantier de 118 hectares a été le théâtre de plusieurs mouvements de grève, les syndicats revendiquant pour les ouvriers le même salaire horaire de 21 rands [2 euros] que sur les autres stades. “On me paie 13 rands de l’heure [1 euro] pour travailler de 7 heures à 17 heures”, se plaint un ouvrier en poste sur une bétonnière, et à partir du mois de mai, quand le chantier sera presque terminé, des milliers d’entre nous seront mis à pied.” En juin 2008, 500 ouvriers ont été licenciés pour avoir organisé une grève (illégale) en vue d’obtenir une indemnité de 800 rands [68 euros] pour le travail de nuit.

Les problèmes des habitants et des ouvriers du chantier ne représentent qu’une infime partie des retombées néfastes du stade de Mbombela. Ici comme partout ailleurs, les énormes dépenses engagées pour la Coupe du monde n’ont eu aucun effet bénéfique visible pour les habitants, qui n’ont toujours ni maison, ni électricité, ni eau potable, ni enseignement, ni centres de soins dignes de confiance.
(...)
“Le programme de l’ANC présente la compétition comme une réussite du gouvernement. Mais nous devons nous demander si nous avons vraiment besoin de la Coupe du monde”, souligne Andile Mngxitama, chroniqueur au Sowetan. Pour lui, le déploiement de 30 000 policiers et la proposition du gouvernement de faire appel à des technologies de surveillance pour limiter la criminalité pendant le mois de juin 2010 sont la preuve que le Mondial n’est pas destiné à profiter aux Sud-Africains. “La Coupe du monde va transformer notre pays en un vaste parc d’attractions, où les visiteurs jouiront d’un niveau de confort et de sécurité auquel les gens ordinaires ne peuvent accéder qu’en rêve. Quand la compétition prendra fin, nous nous retrouverons avec des stades de classe internationale dans un pays qui n’a pas les moyens de nourrir et d’instruire son peuple. La vérité est que nous n’avons pas besoin de la Coupe du monde. Ce sont les hommes politiques et leurs relations qui en ont besoin.”

...
Pendant ce temps la presse française laisse entendre que tout va pour le mieux dans le meilleur des monde.Il est important de rassurer le touriste. Le monde est un parc d'attraction pour ces gens-là.
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/retour-a-soweto_755360.html

Et pourtant, sans le vouloir, le journaliste de l'Express confirme la progression du capitalisme à Soweto, il n'est question que de fric, de commerce et de clients solvables :

C'est peu dire qu'aujourd'hui, à Soweto, l'atmosphère et la géographie ont changé. Les routes sont goudronnées. Les baraques en tôle font progressivement place à des maisons "en dur". Bars, restaurants, boîtes de nuit et même agences bancaires accueillent des clients. Depuis deux ans, Soweto possède même son centre commercial, le Maponya Mall, l'un des plus grands du pays, avec son cinéma multiplexe et ses inévitables fast-foods, qui ne sont pas pour rien dans les problèmes d'obésité naissants.

Aujourd'hui, le boom du tourisme

Ce n'est pas tout. Ces dernières années, des bed and breakfast et de petits hôtels ont fait leur apparition dans le paysage de la township qui, au demeurant, ne l'est plus : depuis 2004, Soweto a obtenu le statut de ville, non de bidonville. "Le tourisme connaît un boom", se réjouit Lebo Malepa, 33 ans, patron d'une auberge de jeunesse, le Lebo's Soweto Backpackers.

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  • : Le blog de Zinedine Z.
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  • : Ce blog prétend déjouer l'hypocrisie du discours dominant sur le sport. Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle. On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.
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