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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 09:52

De retour après une bonne pause. La pause, l'arrêt, c'est l'essence même de la lutte contre le sport : pas de performance, pas d'injonction à avancer, toujours moins vite.

Je viens de tomber (encore un acte anti-sportif, tomber en riant !) sur un article assez ancien mais toujours actuel, de l'ami Jacques Gleyse. Il y est question de la colonisation par les pratiques physiques anglo-américaines, et par leur langage. Subissant d'éventuelles modifications locales en retour, ces pratiques peuvent révéler un métissage que l'auteur étudie. De fortes résistances à l'hégémonie des sports bourgeois anglais existaient au début du XXe siècle. Il y a des citations savoureuses comme celle-ci, due à notre camarade communard Paschal Grousset alias Philippe Daryl :

« Nous ne parlons pas des très sérieux inconvénients moraux que peut avoir cette misérable idée de sport, introduite dans les mœurs scolaires, du pari et des vices anglais venant à la suite. Tout homme qui a le sens pédagogique tant soit peu éveillé comprendra d’emblée qu’il ne s’agit à aucun prix de semer dans nos lycées et nos collèges de la graine de bookmakers... Les chefs d’établissements feront donc sagement en fermant leur porte au sport, comme ils la ferment au tabac, aux livres pornographiques, et de refuser péremptoirement l’accès de leurs collèges aux hommes étrangers à l’Université, à son esprit et à ses devoirs » enfant-agressif.jpg

Assistons-nous de nos jours à un retour à d'aussi salutaires prises de conscience ? Espérons-le et surtout répandons ces blasphèmes.

Bises

Zinedine Z.

 

Colonisation ou métissage dans les pratiques corporelles : le « texmex » ou le « hamburger » ?

L’exemple de l’éducation physique en France

http://corpsetculture.revues.org/860

 

C’est peut-être aussi cette forme de résistance à une colonisation ludo-motrice et langagière qui s’exprime dans la publication de Le Sport contre l’éducation physique par Georges Hébert, en 1925, ou, bien plus tard, en 1977, dans Face au sport de Jean Le Boulch. Ici pourtant, ce sont davantage les valeurs importées avec la pratique qui sont contestées, comme elles le sont d’ailleurs par les partisans de l’Education Physique au début du xxe siècle (notamment Georges Demenij). Le sport est considéré comme portant avec lui, non seulement la langue anglo-saxonne (ce qui ne semble pas troubler la plupart des acteurs), mais un système de valeurs opposé à celui de l’Education physique scolaire. Si cette dernière privilégie le plus grand nombre, le plus faible, le dominé, la fraternité, la discipline et l’altruisme, le sport, au contraire valorise le champion unique, le plus fort (citius, altius, fortius), le dominant, l’individualisme, l’égoïsme. Du moins, est-ce la critique majeure qui est faite à ce système colonisateur (hégémonique, impérialiste ?) dès la fin du xixe siècle. Se retrouvent là, en quelque sorte, les combats situés aujourd’hui dans le domaine du social, pour l’exception culturelle française, contre les OGM ou le bœuf aux hormones (et la corollaire domination, d’un certain type de restauration rapide).


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Publié par Zinedine Z. - dans Beauté du sport
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  • : Le blog de Zinedine Z.
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  • : Ce blog prétend déjouer l'hypocrisie du discours dominant sur le sport. Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle. On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.
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