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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 17:48

"Dépenses publiques pour profits privés", cela signifie que notre travail, nos impôts, servent à engraisser les actionnaires. Toujours la même histoire. Les ressources de vie sont captées par les riches.

Et ici, c'est un "amateur de football", lucide quans même, qui nous l'explique.

Bises

Zinedine Z.

 

 

http://latta.blog.lemonde.fr/2012/02/20/euro-2016-le-milliard-des-stades/

L'ASSURANCE D'Y PERDRE

Aujourd'hui, le projet Euro 2016 ne suscite plus la même unanimité. Nancy a déclaré forfait, imitant tardivement Nantes et Rennes,argent-public.jpg non-candidats pour les mêmes raisons que celles énoncées par la communauté urbaine de Nancy, qui a refusé d'assumer des charges financières réévaluées à la hausse. À Lille, un surcoût de près de 100 millions d'euros est évoqué. Le RC Lens n'ayant plus les moyens d'emprunter, c'est sur les collectivités que va être transférée la charge de Bollaert. À Lyon, si Jean-Michel Aulas continue en toute impunité de prétendre que son stade des Lumières est "100% privé", les investissements publics sont en réalité considérables (170 à 300 millions d'euros selon les estimations). Enfin à Bordeaux, l'association TransCUB et l'opposition municipale contestent le contrat de partenariat avec Vinci et Fayat, dont ils estiment qu'il coûtera à la ville bien plus que le montant annoncé (175 millions, dont la moitié à la charge de la ville).

L'Association nationale des élus en charge du sport (ANDES) évalue à plus d'un milliard d'euros l'effort financier des collectivités territoriales. Parés de toutes les vertus, les partenariats public-privé permettent certes, à court terme, les montages financiers nécessaires au lancement des projets, car le coût initial est porté par les constructeurs. Mais leur bilan final, en raison des longues annuités de remboursement versées par les collectivités, ne promet d'être avantageux que pour les exploitants. "Cette situation laisse à penser que le concept de la privatisation des recettes et de la socialisation des dépenses demeure, et qu'il est grand temps d'y mettre fin", a commenté l'ANDES. Dans son rapport publié fin 2009, "Les collectivités territoriales et les clubs sportifs professionnels", la Cour des comptes s'était également montrée très sévère [2].


LE DÉSASTRE PORTUGAIS

Dans un contexte où les fameuses "retombées économiques" des grands événements sportifs sont de plus en plus mises en doute – hormis donc pour les industriels du BTP –, les désastreux exemples de la Grèce et du Portugal, organisateurs en 2004 des Jeux olympiques et de l'Euro, ont évidemment des résonances particulières. Soulevant l'admiration de l'Europe, les Portugais avaient construit neuf stades entièrement neufs, certains ne devant pourtant pas accueillir plus de deux matches de la compétition. Aujourd'hui, le taux de remplissage de la Liga Sagres plafonne à 44%, en queue de peloton européen. Il était de 10% pour Leiria, dont le club a même fini par déménager en raison d'un loyer trop lourd pour ses finances. Boavista est lourdement endetté et six des municipalités concernées se débattent avec des coûts d'entretien et des niveaux de remboursements devenus insoutenables (lire l'article de blogolo.fr).

La dégradation de la conjoncture économique et la crise de la dette ont altéré aussi bien la capacité de financement des collectivités que la popularité de l'effort consenti pour édifier des équipements qui apparaissent moins prioritaires que jamais – à plus forte raison dans un contexte d'hostilité envers le football et ses dérives économiques ou morales. Signe d'une prise de conscience excessivement tardive, le nouveau ministre des Sports David Douillet a tout récemment déclaré que "l'État n'aurait pas dû avoir besoin de contribuer à la construction ou à la rénovation des stades. Le milieu aurait dû être plus mature et avoir le bon sens du bon père de famille d'investir dans les stades", mettant soudainement la doigt sur la question de fond, celle qui aurait dû être posée au départ: quelle légitimité y a-t-il à mettre à disposition d'intérêts privés des infrastructures largement financées par le public?


LES COLLECTIVITÉS ONT-ELLES DÉJA PERDU L'EURO 2016 ?

Des centaines de millions d'euros d'argent public dépensés pour les quatre semaines d'une compétition de l'élite [3], en ponctionnant les moyens qui devraient être consacrés à la lutte contre les inégalités dans l'accès au sport: au moment où les collectivités souffrent de graves problèmes de financement, ce choix de priorité n'a probablement pas fini d'être contesté. Même en laissant de côté les questions de la transformation des stades en centres de profits ultra rationalisés, de la priorité accordée aux publics VIP aux dépens des publics populaires ou de la privatisation de l'espace public avec les opérations de naming, le jeu en vaut-il la chandelle?

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  • : Le blog de Zinedine Z.
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  • : Ce blog prétend déjouer l'hypocrisie du discours dominant sur le sport. Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle. On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.
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