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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 17:21

Ce qu'il est important à mon avis, à propos des "révélations" (car nous n'étions pas dupes) de Lance Armstrong, c'est de mettre en lumière le système du cyclisme, comme des autres ports. Il a certes omis de révéler certaines choses importantes à ce sujet. Mais enfin, quand il dit que le dopage « faisait partie du boulot » et qu'il "bénéficiait souvent de la bienveillance des « chaperons » lors de ses contrôles sur le Tour de France, voire qu'il était parfois prévenu de l'arrivée des préleveurs" ne comprenons-nous pas ce que ça signifie ? 

Et serons-nous assez naïfs pour croire que ces procédés n'existent pas dans les autres sports ?

Bises

Zinedine Z.

 

 

Lance Armstrong : des aveux bien trop partiels

http://www.sudouest.fr/2013/01/19/des-aveux-bien-trop-partiels-939567-8.php 

Le cycliste Américain a reconnu s'être dopé durant la première partie de ses aveux télévisés mais il n'a rien révélé du système qui lui a permis de remporter sept fois le Tour de France.football_cyclisme_velo_drogue_dopage.jpg

1. Qu'a dit Lance Armstrong ?

« Oui, oui, oui. Je me suis dopé. » À l'EPO, la testostérone, aux transfusions sanguines, hormones de croissance, corticoïdes, cocktails disponibles sur tous ses Tours victorieux (1999-2005) et même dès avant son cancer des testicules, en 1996. Une tricherie qu'il a tenté de justifier en estimant que le dopage « faisait partie du boulot », et de minimiser en soutenant qu'il n'avait jamais forcé ses équipiers à le suivre, ce qui a dû surprendre nombre d'entre eux, l'ayant accusé d'incitation systématique.

 

2. Quels sont les autres points sujets à caution ?

Dopé de son propre aveu jusqu'en 2005, date de sa première retraite, Armstrong a nié avoir eu recours au dopage lors de son retour au sein du peloton, en 2009 et 2010. Or, si aucun témoignage à charge n'existe pour cette période, son passeport hématologique est suffisamment douteux pour que l'agence antidopage américaine (Usada) affirme le contraire dans un rapport rendu public en octobre et à l'origine des aveux. Le rôle attribué au docteur Ferrari, qualifié de « bonne personne », reste également douteux. Sûrement parce qu'Armstrong n'a pas répondu à la question sur la place dans son organigramme du médecin italien, son praticien référent, dont la propre organisation devrait être mise au jour dans quelques semaines par le Parquet de Padoue.

3. Que n'a-t-il pas (encore) avoué ?

Beaucoup plus que ce qu'il a reconnu ! Et la seconde partie de ses aveux - consacrée à ses sponsors, la fondation Livestrong, sa famille -, la nuit dernière, ne devait pas permettre, sauf surprise, de lever le voile sur les questions en suspens. La première, et non des moindres, concerne les raisons qui lui ont permis, durant plus de dix ans, d'entretenir ce « gros mensonge ».

Collusion, complicité, complaisance… « Vous êtes propre sur les courses ! C'est juste une question de timing », a-t-il prétendu, évoquant les cures hivernales, loin des contrôleurs, qui permettent de ne pas avoir recours au dopage sur les compétitions tout en continuant d'en tirer les bénéfices. Et ce jusqu'en 2005, date de l'introduction des contrôles inopinés qui ont changé la donne juste avant l'arrêt de sa première carrière.

Certes, mais il est de notoriété publique, surtout depuis les révélations de l'Usada, que Lance Armstrong bénéficiait souvent de la bienveillance des « chaperons » lors de ses contrôles sur le Tour de France, voire qu'il était parfois prévenu de l'arrivée des préleveurs.

Ce point soulève une autre question : quel était le niveau de connaissance de l'Union cycliste internationale (UCI) des dérapages d'Armstrong ? Y a-t-il eu collusion avec Hein Verbruggen, son patron de l'époque et ami du Texan ? Armstrong a affirmé à Oprah Winfrey que l'UCI n'avait « rien fait disparaître ».

En matière financière, l'ex-cycliste n'a pas évoqué les procès pendants, notamment contre l'US Postal dont il a utilisé les fonds (publics) pour financer son programme de dopage, ni contre la compagnie d'assurances SCA Promotions (qui lui réclame 12 millions de dollars). Il n'a rien dit non plus sur le risque de prison pour parjure sous serment devant le grand jury.

4. Quel effet a-t-il fait ?

Les aveux d'Armstrong ont laissé nombre d'observateurs sur leur faim. « Il n'y a rien de neuf », a jugé le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) John Fahey, ajoutant que « cette confession aurait dû intervenir devant un tribunal compétent, où il aurait été contraint de citer des noms, impliquer des officiels, l'entourage qui a fourni les produits, quand, où, et quels coureurs étaient concernés ».

Une frustration partagée par Travis Tygart. « S'il est sincère dans son désir de rectifier ses erreurs passées, il témoignera sous serment de l'ampleur complète de ses activités de dopage », a déclaré le patron de l'Usada qui l'a mis à terre. Même tonalité du côté du Comité international olympique (CIO), qui lui réclame la médaille de bronze des JO 2000 et exige notamment qu'il collabore avec les organisations antidopage.

Les seuls à se satisfaire des aveux parcellaires du repenti sont les présidents, actuel et passé, de l'UCI. Pat McQuaid, actuellement en poste, s'est réjoui qu'Armstrong ait « confirmé qu'il n'y avait pas de collusion ou de complot (avec) l'UCI, (ni de) contrôles positifs camouflés », tout comme son prédécesseur Hein Verbruggen qui a noté « avec satisfaction » que, dans sa confession, Lance Armstrong « a nié » avoir été protégé par l'UCI.

Le directeur du Tour de France Christian Prudhomme a lui évoqué un « exercice de communication millimétré », avant de s'inscrire dans la tonalité générale : « Il faut qu'on en sache plus sur le système de dopage ».

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Publié par Zinedine Z. - dans Potion magique
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  • : Ce blog prétend déjouer l'hypocrisie du discours dominant sur le sport. Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle. On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.
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