Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique  sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle.

 
On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.

 

Les J.O c'est pas beau

Mercredi 13 mai 2009
Je vous transcris ici un extrait d'un article qui est paru dans la revue "Agone" de mai 2008.
 http://atheles.org/agone/revueagone/agone38et39/
Bonne lecture
Z.Z

La volonté d'élever les villes olympiques au "premier rang" bénéficie en général aux populations les plus aisées. C'est au privilège des élites que la ville-hôte entre dans le club des villes mondiales, mais les pauvres et les défavorisés sont chassés et s'en trouvent un peu plus marginalisés, alors même que la ville devient une destination touristique mondiale. L'augmentation des prix de l'immobilier en avantage certains (les propriétaires fonciers et immobiliers) au détriment d'autres (les locataires et les bas revenus). Principales victimes des méga-événements, les plus désavantagés sont massivement présents dans les zones vouées au réaménagement, aux embellissements et à la gentrification1. Ils sont le plus souvent locataires ou ne jouissent pas de titres de propriété clairs et définitifs. Les groupes affectés de façon particulièrement disproportionnée sont les minorités ethniques (comme les Roms à Athènes), les personnes agées (particulièrement dans le cas de Barcelone et Sydney), les handicapés physiques ou mentaux, les vendeurs de rue (par exemple à Séoul et très certainement à Beijing), les travailleurs du sexe (auxquels Barcelone fit particulièrement la guerre), et les travailleurs migrants (Beijing).
Une sorte "d'état d'exception mental" accompagne en général l'annonce de la sélection de la candidature de la ville aux JO. Cette opportunité est considérée comme tellement importante pour la ville qu'elle réclame ou justifie des mesures d'exception pour se concrétiser. Dans ce contexte, la population et ses dirigeants acceptent plus facilement une simplification des procédures, la limitation des droits et autres mesures jugées "nécessaires" pour tenir le calendrier et mettre de l'huile dans les rouages. On voit généralement d'abord apparaître des mesures criminalisant les sans-abri qui, en d'autres circonstances, paraîtraient sans doute tout à fait inacceptables. D'autres mesures d'exception peuvent abaisser le niveau de protection des locataires, modifier les règles d'urbanisme et de chantiers et limiter les droits civiques. Ce climat de fébrilité peut biaiser les décisions publiques au bénéfices des élites urbaines, permettre des niveaux d'endettement exceptionnels et mener à l'éradication de bidonvilles pour réduire la visibilité de la pauvreté en ville2.
 


1 Le terme de "gentrification" a été avancé par la sociologue marxiste anglaise Ruth Glass dans son article "London : aspects of change" en 1964. Il s'agissait de dénommer ainsi la "colonisation progressive des quartiers populaires autour de la City de Londres par une population nantie".
Dans cette même revue "Agone" 38/39, on lira avec intérêt un article à ce sujet :
« Comment la gentrification est devenue, de phénomène marginal, un projet politique global », Mathieu Van Criekingen
À la faveur du tournant néolibéral des années 1980, la gentrification s’est hissée au rang de projet politique et de vision normative du futur de la ville que gouvernements urbains et « partenaires » privés s’activent à mettre en œuvre. Pas plus les agglomérations de vieille industrie lourde telles Manchester, Bilbao ou Liverpool que des villes régionales telles Lyon, Malmö, Ljubljana ou Leipzig n’échappent aujourd’hui au phénomène.

2 voir, en anglais : http://www.idrc.ca/en/ev-32007-201-1-DO_TOPIC.html
Par Zinedine Z.
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Lundi 4 mai 2009

Pas de Jeux olympiques sur une terre volée.

http://www.hns-info.net/spip.php?article17474


Du 12 au 28 février 2010 auront lieu à Vancouver les Jeux olympiques d’hiver. Depuis longtemps une résistance se bouge contre cela, laquelle est portée par les premières nations de la région (comme les indiens du Canada se décrivent eux-mêmes), des anti-capitalistes et aussi des groupes de défense des droits de l’homme. Du 10 au 15 février doivent avoir lieu des journées d’action contre cela à Vancouver, avec le but de déranger les Jeux olympiques.

Voici un texte qui doit éclairer les raisons de la résistance. Les Jeux olympiques n’ont aucun lien avec l’esprit humain, ils ont encore quelque chose à voir avec la performance athlétique. Ils sont une entreprise de milliards de dollars, soutenue par des élites puissantes, entrepreneurs dans l’immobilier, la construction, l’hotellerie, le tourisme et les médias qui travaillent main dans la main avec leurs partenaires de crime : membres du gouvernement et officiels du CIO.


1 Colonialisme et fascisme

Les Jeux olympiques modernes ont un long passé raciste, commencé avec les participants à la fondation (par exemple Pierre de Coubertin, un baron français, qui recommendait le sport comme myen de renforcer le colonialisme) jusq’aux préseidents du CIO actuels. Les Jeux de 1936 à Berlin renforcèrent le régime nazi d’Hitler. Les Jeux de 1988 à Séoul aussi bien que ceux organisés en 2008 à Pékin aidèrent à légitimer des gouvernements autoritaires en Asie. Les Jeux olympiques de 1968 à Mexico city (quelques joursd avant le début des Jeux, environ 300 étidiants protestataires furent massacrés par des soldats) légitimèrent aussi la terreur d’Etat : le président du CIO de cette époque Avery Brundage, un raciste de mauvaise réputation et sympatisant nazi des Etats-Unis, n’admis le massacre pas une fois. Mais comme deux athlètes noirs américains sur le podium levèrent leur poing dans un salut black-power, il provoqua le refus immédiat de leurs médailles et une exclusion des Jeux. Un autre président du CIO était un fasciste reconnu : Juan Antonio Samaranch (président de 1980 à 2001), lequel était un participant du gouvernement dans l’Espagne de Franco.


2 Pas de Jeux olympiques sur une terre volée

BC (Colombie Britannique, province de l’ouest du Canada, où se trouve Vancouver) reste en grande partie pas un territoire indigène séparé. D’après le droit canadien possède la BC le droit d’existence ni juridique ni moral, encore moins donc le droit, de revendiquer la terre ou de gouverner le peuple indigène. Malgré cela le gouvernement poursuit la vente, la location et la mise en valeur du territoire indigène, pour le profit des entreprises minières, de bois, pétrole et gaz aussi bien que des stations de ski. Pendant ce temps les indigènes sont le plus durement frappés par la pauvreté, le chômage, peines d’emprisonnement, violences policières, maladies, suicide, etc.


3 Destruction écologique

Malgré les affirmations, les "jeux olympiques les plus verts" depuis de tous temps d’être et PR-Statements au dessus de durable, appartiendront les Jeux de 2010 aux plus nuisibles à l’environnement de l’histoire. Des dizaines de milliers d’arbres seront abattus et d’entières montagnes à côté seront rasées, pour construire les installations olympiques dans la vallée Callaghan (près de Whistler) et l’élargissement du Highway Sea-to-Sky. Pendant l’été 2007 a été renversé un nombre record d’ours noirs sur la SeatoSky Highway, où au moins 11 sont morts (ce qui est venu d’une perte d’espaces vitaux). D’énormes ensembles de béton, desquels ont besoin les ouvriers du bâtiment, causèrent la mort de millions de saumons dans la rivière Fraser, où des tonnes de cailloux ont été démontés, pour produire du béton.

4 Manque de logements

Depuis le victoire lors des éliminatoires pour les Jeux de 2010 en 2003 850 logements sociaux ont été perdus. Dans le même tempsle nombre des sans-logis a augmenté de 1000 à 2500. Il a été estimé qu’en 2010 le nombre de sans-logis pourrait atteindre les 6000. Depuis les années 1980, les Jeux olympiques ont causé l’expulsion d’environ 2 millions de personnes (Fair Play for Housing Rights Report, 2007). A Séoul en 1988 environ 750 000 pauvres ont été chassés, 30 000 à Atlanta en 1996 et pour Pékin 2008 auraient été expulsées environ 1,5 millions de personnes. Malgré cela les officiels des JO parlent de "durabilité" et de "leg olympique".

5 Criminalisation des pauvres

Pour se débarasser des pauvres et des indésirables, ont commencé les régions de distribution des Jeux en règle générale des campagnes de criminalisation des pauvres. A Vancouver la ville a introduit le projet Civil City aussi bien que de divers nouveaux décrets, à travers lesquels mendier, dormir dehors, etc deviennent des délits. En outre des centaines de milliers de dollars ont été investis dans des services de sécurité privés (par exemple Downtown Abassadors). De nouvelles poubelles dans les rues rendent difficile, de collecter les réutilisables ou les bouteilles consignées et de nouveaux bancs dans le centre ville rendent impossible d’y dormir. Ces mesures sont à la mesure des plans du gouvernement, les habitants pauvres du Downtown dans des institutions psychiatriques, installer des centres de privation et d’anciennes bases militaires, et dans les pratiques de la police, qui remet les personnes recherchées dans d’autres provinces. Ce n’est rien d’autre qu’un processus de nettoyage social.

6 Conséquences pour les femmes

Des manifestations comme les Jeux olympiques attirent des centaines de milliers de spectateurs et causent une montée de la prostitution et de la traite des femmes. A Vancouver ont été portées disparues ou assassinées environ 68 femmes. Beaucoup de celles-ci étaient indigènes, et beaucoup étaient exposées par suite dans des magasins de sex en activité. En 2007 a eu lieu le procès contre William Pickton pour six de ces meurtres, et il doit encore répondre de vingt autres. Dans le nord de la Colombie Britannique, environ trente jeunes femmes ont disparu le long de la Highway 16, parmi elles beaucoup de femmes indigènes. Les Jeux de 2010 avec son invasion de touristes et de business ne feront qu’augmenter cette violence contre les femmes.

7 2010 Etat-policier

Environ 12 500 policiers, soldats et employés de sociétés de sécurité privées viendront pendant les Jeux pour intervention. Parmi eux des unités spéciales, policiers anti-émeutes, hélicopters, véhicules blindés, etc. La RMCP (police montée royale canadienne, la police nationale du Canada) projette de dresser une cloture de 40 Km de long, complètement équipée avec des caméras de surveillance CCTV. Aux entrées des stades et installations olympiques seront créées des zones de sécurité spéciales. Pour trois semaines Vancouver sera un Etat-policier occupé. Et quand les Jeux seront passés, il n’y a aucune garantie que ce système de sécurité ne reste pas (par exemple les caméras de surveillance). La répression signifie aussi des attaques contre les groupes anti-olympiques et les personnes à travers l’arrestation des manifestants, fouilles de bureaux et de locaux, surveillance, campagnes de calomnies, réduction des subsides, etc. Tout pour saper la résistance des anti-2010. La même manière de répression a été appliquée à Vancouver déjà contre les groupes anti-pauvreté, de protection de l’environnement et indigènes.

8 Dettes

Le VANOC et les officiels du gouvernement affirment que les Jeux de 2010 coûteront environ deux milliards de dollars. Cela n’inclut cependant pas l’élargissement de la Sea-to-Sky Highway, la ligne Skytrain vers l’aéroport, le centre de conventions de Vancouver ou le projet Festland Gateway, qui étaient pourtant indispensables, pour gagner la qualification et qui devront être prêt en 2010. En incluant ces coûts, ils s’élèvent tout compris pour les Jeux à environ six milliards de dollars, dont la majeure partie devra être payée avec des impôts. De l’argent qui aurait pu être dépensé pour les services sociaux, le logement social, traitement des drogués et approvisionnement médical.

9 Corruption olympique

Les Jeux olympiques modernes sont connus pour leur corruption, par exemple quand les officiels du CIO sont emmêlés dans des scandales de corruption ou que les athlètes utilisent des drogues qui augmentent la performance (comme les stéroïdes). Le CIO affirme pourtant après comme avant, que les jeunes auraient besoin d’une inspiration et d’un exemple pour un bon esprit sportif. Malgré des compte-rendus publics sur les scandales de corruption, dans lesquels les officiels du CIO et les régions qui reçoivent les Jeux étaient impliqués (par exemple dans The New Lord of the Rings d’Andrew Jennings), l’image des Jeux olympiques reste, merci aux médias de masse, d’une organisation respectable et noble.

10 Invasion des multinationales

Les gouvernements et multinationales utilisent les Jeux olympiques comme un moyen d’attirer les investissements des entreprises. En Colombie Britannique le gouvernement libéral a simplifié les processus de demandes pour les entreprises, baissé les impôts, et donné des impulsions avec lesquelles les industries comme les mines, le pétrole et le gaz croissent, ce qui signifie aussi une extension des systèmes de transport comme de nouveaux ports, ponts, autoroutes, voies ferrées. Tout cela est une partie de leur investissement pour leur stratégie 2010. La suite est une croissance dramatique et record de ces industries, qui conduirait à une destruction écologique encore plus grande et à plus de pouvoir et d’influence des multinationales sur nos vies quotidiennes. Plusieurs des plus importants sponsors des Jeux olympiques sont aussi responsables eux-mêmes de destructions écologiques massives et d’atteintes aux droits de l’Homme. Parmi eux on se trouvent McDonalds, Coca-Cola, Petro-Canada, Trans-Canada, Dow, Teck Cominco, etc.

 

Pour d’autres informations : http://www.no2010.com

Traduit de l’allemand par Gachet, hns-info

Par Zinedine Z.
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Mardi 24 mars 2009


mercredi 18 mars 2009 sur http://www.hns-info.net/spip.php?article17825


Les soussignés, conscients qu’une candidature aux JO d’hiver est déraisonnable et constitue non seulement un effroyable gaspillage mais aussi et surtout une atteinte grave et durable à l’environnement, demandent le retrait pur et simple des candidatures d’Annecy et Grenoble pour 2018.

Ce projet, totalement disproportionné avec les besoins et les aspirations des habitants (non concertés), ne

répond en fait qu’à la mégalomanie de quelques élus avides de prestige et soucieux de laisser leur trace dans l’histoire. Ce projet politique est d’abord motivé par des intérêts financiers et le sport n’est qu’un alibi.

Des précédents édifiants (parmi d’autres…)

-  1968 – Grenoble : Endettée jusqu’en 1995. Impôts locaux multipliés par 2,4
-  1976 - Montréal : Endettée jusqu’en 2006
-  1992 – Albertville : Déficit de 4,73 millions d’€, Brides les Bains 9,15 Millions d’€ (coût total JO 115 millions d’€)
-  2010 – Vancouver : Déficit (déjà avoué dès 2008) de 47 millions d’€
-  2012 - Londres : Le dépassement du budget est tel que les anglais regrettent déjà…


Une écologie de complaisance


Les mots « Ecologie » et « Développement durable » sont utilisés à tort et à travers n’importe comment par n’importe qui. « On » nous promet des jeux « écolos » avec un bilan « carbone zéro » ! Qui peut l’affirmer sans rougir ? Qui le croira sans douter ? En attendant, l’environnement sera bouleversé de façon irréversible, des villes historiques défigurées, sans parler d’une gestion des déchets totalement escamotée puisque ce problème n’est déjà pas résolu en temps normal… La neige artificielle (inévitable) aura-t-elle le label vert de circonstance ?

Des équipements surdimensionnés vite obsolètes

Les JO impliquent des infrastructures (onéreuses) exceptionnelles dont l’usage ultérieur est incertain ou nul. Qui utilisera ensuite la piste de Bobsleigh ? Les tremplins ? Que coûteront les installations pour les cérémonies d’ouverture et de clôture ? Notre région a-t-elle besoin de patinoires ou de pistes de vitesse olympiques ? Et l’hôtellerie ? Le CIO exige de la ville hôte 22800 chambres en hôtels 3 à 5 étoiles. Annecy en compte à ce jour 4100 ! Grenoble moins de 4000. A qui servira cette hôtellerie bâtie à la hâte pour un événement unique ?

Des arguments fallacieux

Des décisions arbitraires. Sous le prétexte de faire face à l’événement, « on » nous fera avaler des projets hautement contestables comme l’A 41 (réalisé par anticipation), le tunnel sous le Semnoz, un tunnel sous la Bastille, un autre sous le Vercors, etc.. dont l’objectif (inavoué) est de créer à terme le « sillon alpin » c’est à dire un axe urbanisé en continu de 220 km entre Genève et Valence. Annecy n’est pas Los Angelès ! Nous refusons cet urbanisme et le « tout auto » qui réduit les transports en commun (dont le rail) à la portion congrue !

Un essor économique ? Pendant 15 jours, les regards du monde seront braqués sur Annecy ou Grenoble. Et après ? Ce n’est pas ce spectacle inspiré par la folie des grandeurs qui fera revenir dans nos vallées une industrie en voie de délocalisation (Salomon et bien d’autres…). Assez de poudre aux yeux ! Assez de mensonges !

Des frais de pub bien inutiles

Il en coûterait (chiffre optimiste) pour la seule pub 1,4 million d’€, d’ici à mars 2009 rien que pour poser une candidature et plus de 4 millions d’€ si l’une de nos villes était retenue pour seulement prétendre être candidate aux JO 2018. Et si par malheur nous étions retenus ce serait le début du creusement d’un gouffre financier… N’y a-t-il vraiment rien de mieux à faire avec l’argent des contribuables ?

POUR LE RETRAIT DE LA CANDIDATURE D’ANNECY 2018

Par Zinedine Z.
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Lundi 2 mars 2009
Déambulation anti-olympique le 4 mars à Grenoble

Le 4 mars, les opposants des quatre villes françaises candidates aux J.O 2018 expriment leur refus commun et solidaire

Appel à une déambulation anti-olympique, mercredi 4 mars à 17h45, Place Félix Poulat (Grenoble)


Le 18 mars 2009, le Comité National Olympique du Sport français (CNOSF) désignera la ville française candidate à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver de 2018.
Les municipalités d'Annecy, Grenoble, Nice et Pelvoux s'affrontent à coup de lobbying auprès du CNOSF, mêlant actions de communication coûteuses et dénigrement des adversaires auprès des fédérations sportives. Grand guignol olympique qui n'a pour objectif que de promouvoir une future candidature française aux J.O d'été. Lisez plutôt cet échange entre Jacques Rogge, président du Comité International Olympique (qui décide en dernier ressort) et le magazine Sport :
"- Sport : La France postule aux J.O d'hiver 2018. Est-ce selon vous une bonne tactique, alors qu'elle ne souhaite, en coulisses, rien d'autre que les Jeux d'été ?
- Jacques Rogge : Ça peut être utile à une candidature pour les Jeux d'été, à partir du moment où la première candidature est de très haute qualité. Si cette candidature est bonne et qu'elle gagne le droit d'organiser les J.O 2018, c'est terminé. Il n'y aura pas de Jeux d'été après, c'est-à-dire pas avant quatre ou cinq ans. Si elle va loin dans la course mais qu'elle échoue de peu, ce sera une très bonne promotion. En revanche, une mauvaise candidature qui serait éliminée rapidement serait contre-productive."

La mesquinerie olympique serait simplement méprisable si elle ne coûtait aux quatre villes candidates des montagnes de fonds publics et de manipulations politiques. Michel Destot, maire de Grenoble bouffi d'ambition olympique, n'ignore rien de ces petits calculs sportifs. C'est en toute conscience cynique qu'il les dissimule dans sa communication aux Grenoblois.

Tandis que les états-majors d'Annecy, Grenoble, Nice et Pelvoux se tirent dans les pattes pour gagner le pompon du Comité National Olympique, les opposants des quatre villes candidates s'unissent pour affirmer leur refus solidaire des J.O ici ou ailleurs.

Le mercredi 4 mars 2009 à 18 heures, nous manifesterons au même moment, dans les quatre villes candidates, notre refus des ravages olympiques.

A Grenoble, le Comité Anti-Olympique, qui milite depuis plusieurs mois contre les Jeux, vous appelle tous à une déambulation anti-olympique, le 4 mars à 17h45, place Félix Poulat.

Venez avec vos banderoles et pancartes, vos déguisements, masques et maquillages, vos sifflets, tambours et trompettes, vos casseroles et cornes de brume, et vos vélos décorés.

Le 4 mars, c'est la dernière occasion de manifester notre opposition à ces Jeux, qui serviront de bulldozer à de multiples malfaisances :

- Construction de la Rocade Nord, percement du tunnel sous la Bastille, achèvement de l'autoroute A 51, élargissement de l'A 480, projet GIANT avec ses gratte-ciel, urbanisation high tech, construction d'un nouveau quartier sur l'Esplanade, en bordure d'autoroute ;
- Pillage des Grenoblois et des fonds publics au profit de la Chambre de Commerce et d'Industrie, de ses entreprises qui constituent le Comité de Promotion des J.O, et au profit du Comité International Olympique ;
- Nouvelle éviction des couches populaires au profit des plus aisées, renchérissement du coût du logement et de la vie ;
- Saccage d'un environnement déjà supplicié par l'industrie, le bétonnage et le tourisme, alors que fondent les glaciers et que s'assèchent les lacs ;
- Durcissement de l'emprise policière, sous la surveillance high tech des caméras, des puces RFID et des dispositifs biométriques, pour un plan Vigipirate superlatif ;
- Enfin, pas plus que nous n'accepterions une campagne raciste, mysogine ou écocidaire, n'acceptons-nous de propagande pour le darwinisme social, la lutte de tous contre tous pour la réussite et la loi du plus fort que constituent les J.O, avec leurs trainées d'affairisme, de triche, de dopage et de chauvinisme.

C'est maintenant qu'il faut manifester. Vous aussi, parlez-en à vos adhérents, membres, réseaux, amis, proches, et joignez-vous à la déambulation anti-olympique du 4 mars.
Rendez-vous place Félix Poulat à 17h45.

Signez la pétition contre la candidature de Grenoble ;
Renvoyez la carte postale anti-olympique au Comité Olympique français ;
Informez-vous sur les dessous des Jeux Olympiques.
Rendez-vous sur http://cao38.eu.org

Moins vite, moins haut, moins fort.

Le Comité Anti-Olympique de Grenoble

Pour toute correspondance : CAO, c/o Les Bas-Côtés, 59 rue Nicolas Chorier, 38000 Grenoble
comiteantiolympique@yahoo.fr
Par Zinedine Z.
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Lundi 12 janvier 2009
OYEZ OYEZ : Mardi soir les technocrates grenoblois se réunissent à Paris pour présenter à la presse nationale la candidature de Grenoble aux J.O. de 2018. Pour cela rien de mieux qu'un cabaret spécialisé dans les spectacles de filles nues-avec-des- plumes: le théâtre Bobino. En plein 14e, en face du 25-27 rue de la Gaité, M° Montparnasse ou Edgar Quinet.
Nous serons là bas pour montrer aux journalistes qu'une opposition à cette candidature et aux J.O en général existe, ET PAS SEULEMENT A GRENOBLE.
Rendez-vous à l'angle de la rue de la Gaité et de la rue Vandamme, à 19h15 précises.
moins vite ! moins haut ! moins fort !

Nous ne voulons pas d'une candidature grenobloise aux Jeux Olympiques de 2018

Par Zinedine Z.
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Dimanche 30 novembre 2008

Ce texte un peu long est publié en plusieurs fois. Il est très intéressant sur la dimension d'"appareil stratégique capitaliste" du sport. Jacques Hennebert explique bien ici comment les capitalistes utilisent les évenements sportifs pour modifier le paysage, développer les infrastuctures et déformer les mentalités pour faire du fric. Troisième partie : Plus gros, plus riche, plus fort… que les autres.

Z.Z


Jacques Hennebert : conseiller municipal et membre du comité des Jeux Olympiques en 1968, opposé à la candidature de Grenoble pour 2018


jeudi 30 octobre 2008 par Comité Anti-Olympique (CAO)
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=174

http://www.hns-info.net/spip.php?article15999


Les Jeux de 2018, le Sillon alpin et la croissance


A propos du Sillon alpin, ce qu’on cherche ce sont des effets de croissance et c’est fondamentalement pervers. C’est au nom d’un soi-disant progrès. Je conteste le progrès. Quand on parle de progrès il faut savoir pour qui et pour quoi faire, autrement on n’a pas le droit d’en parler, on est un usurpateur. On trompe les foules avec le progrès. Si c’est pour faire toujours plus, plus grand… Il faut faire marcher son intelligence. Les gens ont créé la ville, se sont rassemblés pour pouvoir lutter contre les événements, avoir un accès aux services, échanger entre eux : la ville est née comme ça. Mais ça ne veut pas dire que le mouvement en lui-même est vertueux. Il ne faut pas confondre l’objectif, pourquoi on fait ça, pour qui, avec la forme, à savoir la vitesse. La forme n’est pas vertueuse.

Il y a sans doute un problème de liaisons en transports publics dans le Sillon alpin : qu’on résolve ce problème, mais qu’on n’utilise pas le projet de Sillon alpin, un truc énorme, pour avoir des transports. C’est encore une fois prendre le prétexte des transports pour faire autre chose. Il faut toujours se demander pour quoi faire. A propos de la candidature de 2018, je ne suis pas étonné de Michel Destot, compte tenu de son profil que j’ai déjà décrit, et de ses ambitions personnelles. De la part de Stéphane Siebert, ça me navre littéralement. C’est un homme intelligent, attentif, rigoureux, et je suis sidéré de voir qu’il adhère au projet. Il a commencé par adhérer au Parti Socialiste et à mon avis, là il a commencé à déraper et ça s’est accentué, il fréquente Destot tous les jours, il est sous pression. Sa copine (NDR : Geneviève Fioraso), députée, j’essaie de lui glisser dans l’oreille de faire attention. Il paraît qu’elle n’est pas à fond pour les Jeux, mais elle n’ose pas le dire. Entre son attitude en privé et ce qu’elle dit en public, il y a deux choses. Il y a sans doute une certaine solidarité entre élus. Dans le milieu associatif on n’a pas encore pris position, mais je sens qu’à la première mesure annoncée on va se mettre à hurler. C’est un problème de fond avec Destot, comme je ne suis pas psychanalyste ou psychiatre, je me sens pas capable de le changer, donc je suis obligé de l’affronter. Je fais des papiers dans mes journaux associatifs. Mon arme c’est d’écrire. Et de temps en temps quand j’en rencontre un je le coince et je lui dis ce que je pense. Je ne sais pas si ça peut changer quelque chose, mais je crois à la théorie du grain de sable."


Propos recueillis par le Comité Anti-Olympique à Grenoble, le 28 octobre 2008

Par Zinedine Z.
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Dimanche 23 novembre 2008

Ce texte un peu long est publié en plusieurs fois. Il est très intéressant sur la dimension d'"appareil stratégique capitaliste" du sport. Jacques Hennebert explique bien ici comment les capitalistes utilisent les évenements sportifs pour modifier le paysage, développer les infrastuctures et déformer les mentalités pour faire du fric. Troisième partie : Plus gros, plus riche, plus fort… que les autres.

Z.Z


Jacques Hennebert : conseiller municipal et membre du comité des Jeux Olympiques en 1968, opposé à la candidature de Grenoble pour 2018


jeudi 30 octobre 2008 par Comité Anti-Olympique (CAO)
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=174

http://www.hns-info.net/spip.php?article15999


Toute la ville a changé avec les Jeux. A part quelques petites opérations positives de rénovation de quartiers insalubres, de logements à loyer modéré, la ville a été bouleversée. Les urbanistes ont fait passer le train plus au sud pour permettre l’agrandissement de la ville. Ça a entraîné des travaux considérables. L’idée des élus de l’époque était de décentraliser le centre ville vers un "pôle sud", qui est Grand’Place. Grenoble s’est mis à changer à une vitesse folle.

Plus tard, en 73, y a eu le plan Bernard, un illuminé qui voulait mettre un million de personnes dans des tours avec des autoroutes au pied, par exemple au Rondeau. C’est assez folklorique, mais il faut savoir à quoi on a échappé. En 68 c’était déjà dans l’air de faire du gigantisme et de ramener du monde à soi comme étant une preuve de réussite.

Je critique le gigantisme et les élus qui se félicitent de la croissance. Les régions en croissance, l’Ile-de-France, Rhône-Alpes et PACA, ont des élus qui se félicitent et qui s’attribuent les mérites de cette croissance et veulent la poursuivre coûte que coûte. On fait l’impasse sur l’aménagement du territoire, sur l’équilibre des richesses entre régions. Tout ça on n’en parle plus, c’est la compétition entre régions. A Grenoble on a voulu un Grand Stade, un grand hôpital, une grande Maison de la Culture, etc, parce que : "c’est moi, Destot". J’ai pris un peu de recul, ayant vécu plusieurs municipalités, ayant fait des erreurs moi-même, en particulier dans la municipalité Dubedout, j’ai cautionné des trucs que j’aurais jamais dû cautionner. Ça m’autorise à dire que les gens qui ont du pouvoir ne savent même pas eux-mêmes qu’ils agissent, inconsciemment, pour valoriser leur propre image et leurs propres actions. Le discours sur l’image et l’attractivité du territoire, c’est une maladie psychosomatique contractée par un grand nombre d’élus, et contagieuse. Je parle à certains élus, je leur dis : "ça déconne, cette surconsommation, ça rime à quoi, on va droit dans le mur." Certains, comme Jacques Chiron (NDR : adjoint aux Déplacements), me disent : "t’as raison, faut que j’en parle aux autres". (Rires). Mais ça n’avance pas vite.

Ce projet de gigantisme, aujourd’hui on s’en félicite. En 68 c’était dans l’air, mais moins clairement, on avait encore quelques scrupules à l’afficher, l’époque était un petit peu dans la morale, et la morale exclut ce genre de comportement.

En 68 Grenoble était déjà dans une vitesse d’évolution plus rapide que d’autres villes, avec une population qui augmentait régulièrement. Grenoble était connue comme une ville où venait beaucoup de main d’œuvre d’ingénieurs techniciens. Les Jeux, par la grandeur de l’événement international, par l’investissement de l’Etat, ont provoqué une accélération : ce développement est devenu extrêmement rapide. C’était une volonté affichée et partagée.

Aujourd’hui on a le même discours. Ce sont surtout les communes de la Métro qui sont en croissance. Toutes proportions gardées, l’accélération en 68 était sans doute plus forte. Je ne sais pas ce qu’ils nous concoctent dans le comité pour 2018, ils vont peut-être nous sortir des cartons des trucs complètement délirants. Il y a une espèce de collusion entre leur désir de nous refiler la rocade en douce et le besoin de grandeur de certains élus.


(A suivre... Prochain et dernier post : Les Jeux de 2018, le Sillon alpin et la croissance)

Par Zinedine Z.
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Samedi 22 novembre 2008
Nous vous rappelons les deux prochains événements anti-olympiques à ne pas rater à Grenoble (nos excuses aux non-Grenoblois) :

- Conférence "A bas les Jeux Olympiques !" sur les dessous de l'olympisme et du CIO, ainsi que sur les conséquences d'une candidature pour la région grenobloise (avec entre autre la revue "Quel Sport ?")
= Lundi 24 novembre à 20h, à la Maison du Tourisme de Grenoble (rue de la République)

- Fête anti-olympique ouverte à tous, dimanche 30 novembre à la Salle Rouge de Grenoble (anciens établissements Cémoi, 10 bis rue Ampère - Tram A- Berriat)
= 15h-19h : jeux pour tous (jeux du monde, jeux d'adresse, courses en sac, jeux de société, marelle et surprises), goûter, stands, librairie, produits bio, expo
= 19h-22H : concert, java, bal, vedettes !

Pour que notre opposition soit entendue par les autorités olympiques, qui choisiront en mars 2009 la ville représentant la France pour 2018, il faut que nous soyons nombreux et que nous fassions circuler pétitions et cartes postales anti-olympiques.

Venez avec vos amis, faites circuler ces rendez-vous, les tracts et l'adresse du site (http://cao38.eu.org) sur vos boîtes mails, sur vos sites Internet, à vos voisins, vos collègues, vos proches : faites passer le virus anti-olympique !
Nombreux sont les opposants, nous les rencontrons sur tous les marchés et dans tous les lieux publics où nous tractons : il leur faut maintenant se rassembler pour se faire entendre, face au déferlement de la propagande, (cf les Jeux de Neige organisés les 4, 5, 6 décembre au centre ville de Grenoble).

Nous comptons sur vous.

A très bientôt,

Le CAO - Comité Anti-Olympique de Grenoble

http://cao38.eu.org
Par Zinedine Z.
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Mardi 18 novembre 2008

Ce texte un peu long est publié en plusieurs fois. Il est très intéressant sur la dimension d'"appareil stratégique capitaliste" du sport. Jacques Hennebert explique bien ici comment les capitalistes utilisent les évenements sportifs pour modifier le paysage, développer les infrastuctures et déformer les mentalités pour faire du fric. Deuxième partie : l'idéal olympique : "On va les écraser".

Z.Z

Jacques Hennebert : conseiller municipal et membre du comité des Jeux Olympiques en 1968, opposé à la candidature de Grenoble pour 2018


jeudi 30 octobre 2008 par Comité Anti-Olympique (CAO)
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=174

http://www.hns-info.net/spip.php?article15999


L’idéal olympique : "On va les écraser".

Maintenant, les mentalités. Ça me tient beaucoup à cœur, parce que ça a été assez caractéristique. Pour résumer, il y avait une grande attente, de l’enthousiasme, puis une immense déception. Chez Merlin Gerin on travaillait tôt le matin et on avait l’après-midi libre pour voir les compétitions. Les gens étaient contents de changer leurs habitudes, de participer. J’étais enthousiaste, curieux, et j’ai déchanté. Chacun mettait un peu de soi dans le projet. Moi c’était l’idéalisme : l’universalité, l’accueil des gens, la rencontre entre coureurs, les échanges. C’était pour moi la mondialisation des hommes. Le résultat a été : "on est meilleurs que les autres". Ça a été la pire des déceptions. Une exacerbation de patriotisme qui s’exprimait à travers les blagues. Les gens disaient : "On va les écraser". Ce qui s’est produit, c’est que les Grenoblois ne se sont pas réjouis d’accueillir les autres, ou plutôt ils se réjouissaient qu’ils soient là pour leur mettre la piquette. Sur mon lieu de travail on disait : "t’as vu ce qu’on leur a mis".

Après les Jeux de Grenoble, l’esprit de compétition s’est développé de façon assez épouvantable, à Grenoble et en général. En plus, manque de chance, les Français ont raflé beaucoup de médailles, et la conséquence a été une recrudescence du patriotisme. Je me souviens d’un Yougoslave arrivé très en retard dans une course, les gens s’en sont moqué pendant longtemps. Le public vibrait au stade de glace le soir, ça gueulait. Sur les bords des pistes, il n’y avait aucune vibration dans le public, qui était coupé des officiels et des coureurs. Tout était cloisonné, il y avait des petits contacts entre officiels et sportifs, mais les coureurs disparaissaient sitôt la descente finie. Les gens restaient là comme des cons, ils s’étaient gelés en attendant le début. Il y avait des rigolades au moment des chutes de certains coureurs, c’était un spectacle.

Dans les stations de ski, les gens qui avaient des dossards dans le dos avec un numéro étaient prioritaires et passaient devant tout le monde. "Compétition !" Un jeune de 17 ans qui avait un numéro bousculait tout le monde et, fier comme Artaban, prenait sa perche avant tout le monde. C’était une mentalité épouvantable. J’ai énormément souffert de cet esprit de compétition parce que ça n’a pas cessé. Dans les écoles et les entreprises, on disait : les jeunes doivent faire de la compétition, ça les occupera. Il s’ennuient et font des conneries, donc pour les occuper il faut qu’ils fassent de la compétition. De très bons copains m’ont tenu ce discours et m’ont sidéré. On me disait : toi tu vas en montagne en rêveur. Plus je vieillis, plus je trouve que cet esprit de compétition a des effets pervers. Jeune, moi aussi je regardais ma montre quand je montais à un refuge, quand j’avais la forme j’étais content. J’avais un certain contentement dont je ne suis pas très fier aujourd’hui. C’est dans la nature humaine, mais ce qui est dommage c’est que ce soit exacerbé par des événements comme ceux-là. Les Jeux de 1968 ont fait évoluer les mentalités, absolument.

Jean-Claude Killy, en 68, était un homme plutôt modeste. Autant Goitchel était déjà insupportable, autant lui ne la ramenait pas, ne parlait pas trop, semblait ne pas en revenir lui-même. Après ils ont été pourris par tous les ponts d’or, les marques commerciales, les cérémonies, les réceptions, alors ils ont pris du ventre. Aujourd’hui la France le met en avant, il fait bien dans le décor.

Je n’ai pas du tout suivi les Jeux d’Albertville, j’étais complètement écœuré. Quand on en parlait à la radio, à la télé, je tournais le bouton. Après 68 je ne voulais plus en entendre parler. C’était vraiment les jeux du cirque. C’est un retournement complet par rapport à ce que j’avais pu être. Mon vécu personnel, et les réactions des gens autour de moi m’ont conduit à cette évolution. Je ne suis pas le seul. Je ne vois plus personne du comité de 68. Les gens de la Chambre de Commerce, je n’avais pas envie de les fréquenter, et les autres de la municipalité sont presque tous morts. J’étais le plus jeune à l’époque. Quand j’en rencontre un ou deux par hasard, on ne parle surtout pas de ça.

Les commémorations des Jeux de 68, le Coljog (NDR : Conservatoire-observatoire-laboratoire des jeux Olympiques de Grenoble), j’ai suivi ça de loin, ça m’intéresse vraiment pas. Ça me paraît tellement nul comme préoccupation que je n’irais pas mettre cinq minutes là-dedans. J’ai vu les panneaux, les 40 ans au parc Paul Mistral. Mais il m’a semblé que ça n’avait pas d’écho dans la génération actuelle.

Pour être honnête, il y a un point positif, un seul : la découverte du ski de fond, un sport populaire. N’importe qui pouvait se louer une paire de skis dans un foyer et essayer de se faire plaisir. C’était démocratique, j’adorais l’ambiance de ces foyers de ski de fond, il y avait une convivialité. Autrans a été complètement bouleversé. Ça a touché tout le monde, y compris les enfants. Et c’était pas "laisse-moi passer, j’ai un dossard dans le dos". Moi j’ai découvert le ski de fond à ce moment-là. On allait en faire avec Dubedout dans le Vercors, il y avait les avantages de la rando, en moins contraignant. Le ski de fond est né en France, et dans notre région, à ce moment-là. On peut en faire quand on est pauvre, les différences se voient à peine sur l’équipement.

Quand j’étais étudiant et que j’allais aux 2 Alpes ou à Chamrousse, il y avait un seul tire-fesse. Pour monter à la Croix de Chamrousse, on n’avait même pas de peaux, on accrochait nos skis avec des cordes. Puis on descendait jusqu’à Uriage – il y avait encore de la neige. On prenait aussi le tram place Grenette jusqu’à Saint-Nizier, et on redescendait à ski. On a démantelé ce tram, c’est une belle erreur.

(A suivre... Prochain post : Plus gros, plus riche, plus fort… que les autres)

Par Zinedine Z.
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Mardi 18 novembre 2008

Le Collectif anti-olympique de Grenoble ( CAO )  http://cao38.eu.org/ nous prie de diffuser l'annonce suivante :


Lundi 24 novembre 2008 à 20h à la Maison du Tourisme de Grenoble


Conférence-débat avec Jean-Marie Brohm, sociologue critique du sport depuis plus de 40 ans, fondateur de la revue "Quel Corps ?" et de la revue "Prétentaine" à l’Institut de Recherches Sociologiques et Anthropologiques de l’Université Paul Valéry de Montpellier, auteur notamment de :
  • Le mythe olympique (Bourgois, 1981)
  • Les dessous de l’olympisme, avec Michel Caillat (La Découverte, 1984, Collection Cahiers libres)
  • La tyrannie sportive. Théorie critique d’un opium du peuple (Beauchesne 2006)
  • 1936, Les Jeux olympiques à Berlin (André Versaille Editions, 2008)
Par Zinedine Z.
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