Ce blog prétend déjouer l'hypocrisie du discours dominant sur le sport. Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle. On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.
Est-ce qu'un jour cessera l'hypocrisie ? A chaque révélation de dopage dans le cyclisme, je me demande s'il est bien nécessaire de publier l'info, si quelque naïf volontaire croit encore que les cyclistes ou les athlètes n'utilisent pas de produit dopant. Alors qu'il suffit de connaître quelque sportif sérieux ayant atteint un niveau respectable (régional on national) pour savoir que c'est impossible, quelque soit le talent dont on fait preuve.
Bises
Zinedine Z.
"Je veux soulager ma conscience. Je ne veux plus faire partie de ce problème." Dans un entretien accordé au site ESPN.com, le cycliste américain Floyd Landis a reconnu jeudi s'être dopé de façon systématique au cours de sa carrière. Vainqueur du Tour de France 2006, l'Américain avait ensuite été déchu de son titre après un contrôle positif à la testostérone. Des faits de dopage que Landis avait toujours niés farouchement en organisant une véritable croisade pour contester ce verdict, y laissant sa fortune, son mariage, et sa carrière.
Selon ESPN.com, Landis "a détaillé son usage intensif du dopage, avec une utilisation régulière d'EPO, de testostérone, d'hormones de croissance et de fréquentes transfusions sanguines, associées à des hormones féminines et une tentative avec de l'insuline, pendant les années lors desquelles il a fait partie des équipes US Postal Service (2001-2004) et Phonak (2005-2006)." Le délai de prescription des faits étant de huit ans selon les règlements de l'Agence mondiale antidopage, il dit avoir préféré s'exprimer avant que celle-ci ne soit effective. "Si je ne dis pas les choses maintenant, cela ne servira à rien de les dire", a-t-il expliqué. ESPN.com écrit également que le coureur, âgé aujourd'hui de 34 ans, avait dépensé jusqu'à 90 000 dollars par an pour des produits dopants et les services de consultants qui l'aidaient à mettre au point un régime d'entraînement..
Mais au-delà de la démarche personnelle d'un cycliste qui n'a plus grand-chose à perdre, Landis a également précisé qu'il comptait coopérer avec les agences de lutte contre le dopage. "Landis a confirmé qu'il avait envoyé des courriers électroniques aux officiels du cyclisme et de la lutte anti-dopage lors des dernières semaines, en révélant l'implication de douzaines d'autres athlètes, de directeurs d'équipe et de propriétaires d'équipe" raconte le site américain. Selon le Wall Street Journal, les accusations contenues dans ces courriers électroniques visent principalement des cyclistes américains, et notamment le plus illustre d'entre eux, Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France. Le quotidien américain précise que "M. Armstrong n'a pas répondu aux sollicitations pour obtenir une réaction à ces courriers électroniques. M. Armstrong a fait face durant sa carrière à plusieurs accusations de dopage, qu'il a toujours niées. Il n'a jamais été condamné."
ARMSTRONG, LE GRAND FRÈRE
Le Wall Street Journal a eu accès à trois de ces courriers, et cite notamment celui daté du 30 avril et adressé à Stephen Johnson, président de USA Cycling. "M. Landis dit que l'entraîneur de M. Armstrong, Johan Bruyneel, a familiarisé M. Landis avec l'utilisation des stéroïdes, du dopage sanguin et des hormones de croissance en 2002 et 2003, lors de ses deux premières années dans l'équipe US Postal." Floyd Landis précise également le rôle supposé joué par Lance Armstrong dans ce système. "Lui (Armstrong) et moi avons eu de longues discussions sur le sujet lors de nos entraînements, pendant lesquels il m'a aussi expliqué les évolutions des techniques de détection de l'EPO et pourquoi les transfusions (sanguines) étaient devenues nécessaires à cause des nouveaux tests", écrit Floyd Landis dans ce courrier. D'autres cyclistes américains de premier plan, comme Levi Leipheimer ou Dave Zabriskie, sont également cités par Landis, qui a admis ne pas disposer de preuves matérielles pour confirmer son témoignage.
Le cycliste d'origine suisse a toutefois proposé aux agences contactées de consulter son journal, qu'il a tenu lors de sa carrière professionnelle, afin d'y consulter en détail le modus operandi du dopage dans le cyclisme, et notamment de comprendre comment les cyclistes parviennent à contourner les contrôles. Toujours selon le Wall Street Journal, Floyd Landis explique dans ses courriers électroniques que la lutte anti-dopage est selon lui une "mascarade".