Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique  sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle.


On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.
Vendredi 12 juin 2009
Le football est en effet totalitaire puisqu'il occupe toutes les dimensions de la société et lui donne sens. Ici, l'exemple du footballeur espagnol.
Z.Z

http://stephaneparede.vox.com/library/post/lexemple-du-footballeur.html
pour l'article original, c'est ici : http://www.pascualserrano.net/noticias/el-ejemplo-del-futbolista

Samedi dernier, 30  mai, un quotidien national espagnol a consacré deux pleines pages à un reportage sur le petit village de la Mancha [1] où j’habite. La raison en est que de ce même village est natif un brillant footballeur du F.C. Barcelone qui, aux dires de ce quotidien, est le meilleur footballeur de toute l’Espagne.

Inutile de préciser qu’au cours des jours précédents étaient déjà passés par notre village - lequel ne compte guère plus de mille habitants - toutes les chaînes de télévision nationales et, bien entendu, tous les médias régionaux, tous attirés par le même sujet. Parmi les témoignages recueillis par le journaliste on trouve celui du conseiller municipal en charge de la Culture, un brillant ingénieur en astrophysique du Centre Supérieur de la Recherche Scientifique qui, durant une longue période, a travaillé pour la NASA.

Nous avions donc un ingénieur astronome de la NASA dont tout l’intérêt, aux yeux de la presse, consistait dans le fait qu’il pouvait faire une déclaration à propos d’un footballeur. Nous aurions pu avoir, tout aussi bien, un éminent chirurgien ou un brillantissime poète, peut-être même un Prix Nobel, pour nos médias, leur mérite  se borne aux commentaires qu’ils sont susceptibles de faire au sujet d’un joueur de football. Or il se trouve, de fait, que, dans notre commune habite également un peintre expressionniste de  renom international lequel,  du moment qu’il ne formule aucun avis à propos du football, ne présente pas le moindre intérêt pour élever en dignité notre village.

 Evidemment il n’est pas dans mon intention de mégoter sur le talent et le mérite du footballeur en question. Dans notre village, les gens sont très fiers de lui parce qu’il a fait devenir célèbre le nom de notre bourgade,  même s’il est vrai que je suis incapable de comprendre à quoi peut bien servir la célébrité.  Toujours je préfèrerai un village doté d’infrastructures de qualité et d’une population honnête plutôt que de célébrité, mais peut-être est-ce là une opinion toute personnelle et sans intérêt.

Prendre conscience de cette calamité : qu’un système social consacre des milliers de fois plus d’argent à un joueur de football plutôt qu’à, par exemple, un Prix Nobel de médecine, c’est déjà un crève-cœur. Mais ce qui, pour moi, est totalement affligeant c’est de constater que les ingénieurs de la NASA n’intéressent les médias que s’ils parlent de football. Nul besoin de préciser qu’à  l’école du village aucun enfant ne peut comprendre à quoi ça sert d’étudier et d’apprendre si ce qui compte le plus aux yeux de leur  société et dans ses médias c’est la capacité de taper dans un ballon, chose qu’ils font tous les  jours, à la récréation et dans la cour, mais pas dans la salle de classe.

Un de ces jours, si on découvre un excellent régatier à Lanzarote [3],  vous verrez que les journalistes se précipiteront pour interviewer José Saramago [2]  et connaître ses impressions sur ce sportif.

[1] La Mancha : région d’Espagne, au sud-est de Madrid, dont les principales villes sont Tolède, Ciudad Real, Cuenca, Albacete…
[2] José de Sousa Saramago, écrivain et journaliste portugais, à ce jour l'unique auteur lusophone à avoir reçu le Prix Nobel de littérature…
[3] José Saramago a publié, entre 1994 et 1998, Cuadernos de Lanzarote (5vol.) [Cahiers de Lanzarote]. Lanzarote est une île de l'Océan Atlantique, face aux côtes africaines et appartenant à l'archipel des îles Canaries.

Par Zinedine Z. - Publié dans : Beauté du sport
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Samedi 6 juin 2009

La pratique d'un art martial traditionnel viserait à guérir de six maladies :

La première, le désir d'être victorieux .

La seconde, le désir de s'appuyer sur des astuces techniques .

La troisième, le désir d'être admiré .

La quatrième, le désir de vaincre en dominant mentalement son adversaire .

La cinquième, le désir de rester passif en attendant une ouverture.

La sixième et dernière, enfin, le désir de guérir des cinq premières maladies.


Yagyu MUNENORI,

Maître d'armes du Shogun TOKUGAWA

Début du XVIIème siècle.

Par Zinedine Z. - Publié dans : Beauté du sport
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Vendredi 5 juin 2009
Les évènements sportifs sont des coups d'accélérateurs capitalistes, fait pour générer du fric pour les riches et les entreprises, en particulier les multinationales. Ils stimulent fortement la pénétration du marché capitaliste dans des zones où son influence était encore limitée. Ces évènements renforcent l'oppression et la misère des populations. On ne peut pas lutter pour l'émancipation des peuples et se coller béatement devant un match de la coupe du monde (ou autre compet)
Ici, la coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud :

http://www.courrierinternational.com/article/2009/05/28/ballon-rond-et-coups-tordus

extraits :
Dans des endroits comme Nelspruit (est du Transvaal), l’enthousiasme a reculé face à la corruption, aux confiscations de terres et aux salaires de misère. “Le stade nous a valu beaucoup de souffrances, confie M. Maseko. Les entrepreneurs ont fermé les écoles pour les transformer en dortoirs pour leurs ouvriers. Depuis deux ans, nos enfants sont obligés d’étudier dans la chaleur étouffante de bâtiments préfabriqués. Il y a très peu d’installations sanitaires et pas d’équipements sportifs ni d’aires de jeux. C’est pour cette raison que j’appelle le stade le ‘terrain de jeux’. Avec tous ces ouvriers dans les parages, je ne peux pas laisser mes filles aller à pied à l’école. Je vis dans ce coin depuis dix-neuf ans, mais c’est la pire période que j’aie jamais connue. Quand le chantier sera terminé, le stade aura l’électricité, des ordinateurs et des toilettes modernes avec des cabines séparées pour les hommes et les femmes. Mais nous qui vivons ici, nous n’aurons toujours rien, si ce n’est des milliers de chômeurs.”

Pour les syndicalistes :
Ces deux dernières années, le chantier de 118 hectares a été le théâtre de plusieurs mouvements de grève, les syndicats revendiquant pour les ouvriers le même salaire horaire de 21 rands [2 euros] que sur les autres stades. “On me paie 13 rands de l’heure [1 euro] pour travailler de 7 heures à 17 heures”, se plaint un ouvrier en poste sur une bétonnière, et à partir du mois de mai, quand le chantier sera presque terminé, des milliers d’entre nous seront mis à pied.” En juin 2008, 500 ouvriers ont été licenciés pour avoir organisé une grève (illégale) en vue d’obtenir une indemnité de 800 rands [68 euros] pour le travail de nuit.

Les problèmes des habitants et des ouvriers du chantier ne représentent qu’une infime partie des retombées néfastes du stade de Mbombela. Ici comme partout ailleurs, les énormes dépenses engagées pour la Coupe du monde n’ont eu aucun effet bénéfique visible pour les habitants, qui n’ont toujours ni maison, ni électricité, ni eau potable, ni enseignement, ni centres de soins dignes de confiance.
(...)
“Le programme de l’ANC présente la compétition comme une réussite du gouvernement. Mais nous devons nous demander si nous avons vraiment besoin de la Coupe du monde”, souligne Andile Mngxitama, chroniqueur au Sowetan. Pour lui, le déploiement de 30 000 policiers et la proposition du gouvernement de faire appel à des technologies de surveillance pour limiter la criminalité pendant le mois de juin 2010 sont la preuve que le Mondial n’est pas destiné à profiter aux Sud-Africains. “La Coupe du monde va transformer notre pays en un vaste parc d’attractions, où les visiteurs jouiront d’un niveau de confort et de sécurité auquel les gens ordinaires ne peuvent accéder qu’en rêve. Quand la compétition prendra fin, nous nous retrouverons avec des stades de classe internationale dans un pays qui n’a pas les moyens de nourrir et d’instruire son peuple. La vérité est que nous n’avons pas besoin de la Coupe du monde. Ce sont les hommes politiques et leurs relations qui en ont besoin.”

...
Pendant ce temps la presse française laisse entendre que tout va pour le mieux dans le meilleur des monde.Il est important de rassurer le touriste. Le monde est un parc d'attraction pour ces gens-là.
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/retour-a-soweto_755360.html

Et pourtant, sans le vouloir, le journaliste de l'Express confirme la progression du capitalisme à Soweto, il n'est question que de fric, de commerce et de clients solvables :

C'est peu dire qu'aujourd'hui, à Soweto, l'atmosphère et la géographie ont changé. Les routes sont goudronnées. Les baraques en tôle font progressivement place à des maisons "en dur". Bars, restaurants, boîtes de nuit et même agences bancaires accueillent des clients. Depuis deux ans, Soweto possède même son centre commercial, le Maponya Mall, l'un des plus grands du pays, avec son cinéma multiplexe et ses inévitables fast-foods, qui ne sont pas pour rien dans les problèmes d'obésité naissants.

Aujourd'hui, le boom du tourisme

Ce n'est pas tout. Ces dernières années, des bed and breakfast et de petits hôtels ont fait leur apparition dans le paysage de la township qui, au demeurant, ne l'est plus : depuis 2004, Soweto a obtenu le statut de ville, non de bidonville. "Le tourisme connaît un boom", se réjouit Lebo Malepa, 33 ans, patron d'une auberge de jeunesse, le Lebo's Soweto Backpackers.

Par Zinedine Z. - Publié dans : Collaboration de classe
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Jeudi 4 juin 2009
Choppé sur internet. Le sport, c'est bon pour la santé.
Z.Z

Il ya un peu plus dun mois jai eu une triple fracture de cheville en jouant au hockey. Jai eu trois operations (la premiere de 4 heures), jai passe presque un mois a lhopital, et maintenant jai 16 clous dans la cheville/jambe, et encore une operation a venir dans une ou deux semaines. Pas de poids sur le pied pendant encore 2 mois, puis temps de recuperation/rehabilitation...1-2 annees. Donc dificile pour moi de venir cette annee, mais avec un peu de chance il yauras dautre camarades qui tiendront la table.
Je vous laisse avec une jolie foto.


Par Zinedine Z. - Publié dans : Beauté du sport
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Mercredi 3 juin 2009
Ah l'avenir merveilleux du sport... En totale harmonie avec le rêve totalitaire le plus parfait déjà décrit par H.G Wells dans Le meilleur des mondes. Ce que les politiciens n'osent pas décider, le monde du sport le fait. L'écran a-politique fonctionnent à merveille. Tout est permis !
Z.Z

Des athlètes trafiqués qui vont faire péter les chronos.

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-05-26/bientot-le-dopage-genetique/920/0/345162

Imaginez des sportifs dont les cellules et les gènes auraient été modifiés pour améliorer leurs performances musculaires, les rendre plus puissants, plus rapides et plus endurants. Science-fiction ? Theodore Friedman, directeur du programme de thérapie génique de l’université de San Diego, jure le contraire. « Ce sera inévitable, dans un futur proche. C’est une question d’années, pas de décennies. »« Les AGM existent peut-être déjà. Techniquement, c’est accessible. Et pas plus cher que les procédés actuels. Rien ne permet de penser que ça ne se fera pas. » On les appelle « AGM »-athlètes génétiquement modifiés. Gérard Dine, professeur de biotechnologie à l’Ecole centrale, en est lui aussi convaincu :

Dans un documentaire diffusé en juillet 2008 sur la chaîne allemande ARD, un médecin chinois proposait à l’un des journalistes, soi-disant entraîneur de natation, un traitement à base de cellules souches. « Le traitement est sain, affirmait le médecin. Il renforce les fonctions pulmonaires. Cela prend deux semaines. Je recommande quatre injections par intraveineuse. » Coût : 19 000 euros.

Les protocoles ont déjà été testés avec succès. « Une souris génétiquement modifiée était capable de courir six fois plus longtemps que les autres », raconte Gérard Dine. Des essais humains sont actuellement réalisés, à des fins thérapeutiques, pour soigner des maladies incurables. Plusieurs centaines d’équipes travailleraient sur le sujet. « Nous savons que certains scientifiques ont été sondés par des membres de la communauté sportive », confiait en juin 2008 Arne Ljungvist, le vice-président de l’Agence mondiale antidopage. Ulrike Spitz, de l’agence allemande antidopage, prend également le risque au sérieux. : « Nous ne savons pas si certains athlètes sont déjà dopés de la sorte. Mais cela pourra devenir une grande menace pour le sport. »

Génétiquement modifié, un athlète pourrait repousser très loin les limites de la performance. « Nous pourrions voir des footballeurs courir plus vite et plus longtemps, frapper plus fort, sauter 3 mètres en hauteur ! » soutient Gérard Dine. Le dopage de l’AGM serait indétectable, sauf à réaliser une biopsie. Et « la prolifération pourrait se révéler cancéreuse ». Mais la peur des effets secondaires n’a jamais freiné les tricheurs dans le sport de haut niveau...

Par Zinedine Z. - Publié dans : Potion magique
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Mercredi 27 mai 2009
Magnifique ! Le sport comme aliénation (oubli de la conscience de classe qui va jusqu'à la collaboration de classe -les détenus pédalant aux côtés de leurs matons-, du statut social -ici, taulard- , écran de fumée sur la réalité, etc.) que d'eau à mon moulin  !  C'est aussi beau qu'un footballeur tombant dans les bras de son patron après une victoire !

Z.Z

Pas d'échappées au Tour de France pénitentiaire

http://fr.news.yahoo.com/4/20090525/tod-france-justice-cyclisme-cb1d00a.html

Près de 200 détenus participeront à partir du 4 juin au premier Tour de France cycliste pénitentiaire, un périple de 2.300 kilomètres en peloton unique - et sans échappées possibles - à travers tout le pays.


Les 196 coureurs, qui ont bénéficié d'aménagements de peine, partiront de Lille aux côtés de 124 personnels pénitentiaires, notamment des surveillants et des éducateurs sportifs.

Ils relieront 17 villes-étapes connues pour leurs maisons d'arrêt et centres de détention (Bois d'Arcy, Muret ou encore Argentan) et dormiront à l'hôtel.

La course se terminera le 19 juin au stade Charléty, dans le 13e arrondissement de Paris, sans vainqueur ni classement.

"Ce projet vise à favoriser la réinsertion sociale, par l'intégration de notions comme l'effort, le partage et l'estime de soi", dit Sylvie Marion, responsable du département insertion et probation à la Direction interrégionale des services pénitentiaires en Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie, lors de la présentation de l'événement, lundi à Nantes.

"On veut démontrer qu'avec de l'entraînement, on peut arriver à tout et s'en sortir", a-t-elle ajouté.

Pour Daniel, 48 ans, incarcéré au centre de détention de Nantes depuis quatre ans, "c'est une forme d'évasion pour nous, qui nous permet de sortir du quotidien de la prison".

"Si l'on se conduit bien, cela peut aussi nous permettre d'obtenir plus vite une libération conditionnelle."

Guillaume Frouin, édité par Jean-Baptiste Vey

Par Zinedine Z. - Publié dans : Collaboration de classe
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Lundi 25 mai 2009

A quoi sert le sport dans la société ? Conjointement à d'autres drogues, à administrer la misère nous dit justement Coupat dans le texte publié aujourd'hui dans Le Monde

Dans le même esprit, j'avais un jour effrontément détourné le célèbre aphorisme de Marx sur la religion :

Le sport est le soupir de la créature accablée par le malheur, l'âme d'un monde sans cœur, de même qu'il est l'esprit d'une époque sans esprit. C'est l'opium du peuple.

( Introduction à la "Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel")

 

Vous avez le droit de lire l'interview de Coupat en entier à partir du lien ci-dessus.

Z.Z


La prison est bien le sale petit secret de la société française, la clé, et non la marge des rapports sociaux les plus présentables. Ce qui se concentre ici en un tout compact, ce n'est pas un tas de barbares ensauvagés comme on se plaît à le faire croire, mais bien l'ensemble des disciplines qui trament, au-dehors, l'existence dite "normale". Surveillants, cantine, parties de foot dans la cour, emploi du temps, divisions, camaraderie, baston, laideur des architectures : il faut avoir séjourné en prison pour prendre la pleine mesure de ce que l'école, l'innocente école de la République, contient, par exemple, de carcéral.

Envisagée sous cet angle imprenable, ce n'est pas la prison qui serait un repaire pour les ratés de la société, mais la société présente qui fait l'effet d'une prison ratée. La même organisation de la séparation, la même administration de la misère par le shit, la télé, le sport, et le porno règne partout ailleurs avec certes moins de méthode. Pour finir, ces hauts murs ne dérobent aux regards que cette vérité d'une banalité explosive : ce sont des vies et des âmes en tout point semblables qui se traînent de part et d'autre des barbelés et à cause d'eux.

Par Zinedine Z. - Publié dans : Beauté du sport
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Samedi 23 mai 2009
Par Zinedine Z. - Publié dans : Beauté du sport
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Mercredi 13 mai 2009
Je vous transcris ici un extrait d'un article qui est paru dans la revue "Agone" de mai 2008.
 http://atheles.org/agone/revueagone/agone38et39/
Bonne lecture
Z.Z

La volonté d'élever les villes olympiques au "premier rang" bénéficie en général aux populations les plus aisées. C'est au privilège des élites que la ville-hôte entre dans le club des villes mondiales, mais les pauvres et les défavorisés sont chassés et s'en trouvent un peu plus marginalisés, alors même que la ville devient une destination touristique mondiale. L'augmentation des prix de l'immobilier en avantage certains (les propriétaires fonciers et immobiliers) au détriment d'autres (les locataires et les bas revenus). Principales victimes des méga-événements, les plus désavantagés sont massivement présents dans les zones vouées au réaménagement, aux embellissements et à la gentrification1. Ils sont le plus souvent locataires ou ne jouissent pas de titres de propriété clairs et définitifs. Les groupes affectés de façon particulièrement disproportionnée sont les minorités ethniques (comme les Roms à Athènes), les personnes agées (particulièrement dans le cas de Barcelone et Sydney), les handicapés physiques ou mentaux, les vendeurs de rue (par exemple à Séoul et très certainement à Beijing), les travailleurs du sexe (auxquels Barcelone fit particulièrement la guerre), et les travailleurs migrants (Beijing).
Une sorte "d'état d'exception mental" accompagne en général l'annonce de la sélection de la candidature de la ville aux JO. Cette opportunité est considérée comme tellement importante pour la ville qu'elle réclame ou justifie des mesures d'exception pour se concrétiser. Dans ce contexte, la population et ses dirigeants acceptent plus facilement une simplification des procédures, la limitation des droits et autres mesures jugées "nécessaires" pour tenir le calendrier et mettre de l'huile dans les rouages. On voit généralement d'abord apparaître des mesures criminalisant les sans-abri qui, en d'autres circonstances, paraîtraient sans doute tout à fait inacceptables. D'autres mesures d'exception peuvent abaisser le niveau de protection des locataires, modifier les règles d'urbanisme et de chantiers et limiter les droits civiques. Ce climat de fébrilité peut biaiser les décisions publiques au bénéfices des élites urbaines, permettre des niveaux d'endettement exceptionnels et mener à l'éradication de bidonvilles pour réduire la visibilité de la pauvreté en ville2.
 


1 Le terme de "gentrification" a été avancé par la sociologue marxiste anglaise Ruth Glass dans son article "London : aspects of change" en 1964. Il s'agissait de dénommer ainsi la "colonisation progressive des quartiers populaires autour de la City de Londres par une population nantie".
Dans cette même revue "Agone" 38/39, on lira avec intérêt un article à ce sujet :
« Comment la gentrification est devenue, de phénomène marginal, un projet politique global », Mathieu Van Criekingen
À la faveur du tournant néolibéral des années 1980, la gentrification s’est hissée au rang de projet politique et de vision normative du futur de la ville que gouvernements urbains et « partenaires » privés s’activent à mettre en œuvre. Pas plus les agglomérations de vieille industrie lourde telles Manchester, Bilbao ou Liverpool que des villes régionales telles Lyon, Malmö, Ljubljana ou Leipzig n’échappent aujourd’hui au phénomène.

2 voir, en anglais : http://www.idrc.ca/en/ev-32007-201-1-DO_TOPIC.html
Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Mardi 5 mai 2009

Ceci n'est absolument pas un cas isolé. Voir ici et plus bas. C'est au foot que je dois la seule et unique fois qu'on m'ait traîté de "sale blanc". Ce n'est évidemment pas plus grave que "sale negro". Mais bien sûr, on continuera d'affirmer que le sport est socialisant et éducatif... Et l'on remarquera que les instances dirigeantes couvrent toujours ou marginalisent ce genre de pratiques.

Z.Z

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-racisme-dans-le-foot-en-proces_758538.html

Un joueur amateur évoluant dans un club de l'Ain est jugé ce mardi, par le tribunal correctionnel de Belley, pour injures à caractère raciste, proférées pendant un match. Selon la Licra, le sujet n'est plus tabou et les plaintes se multiplient.

"Oh, qu'est-ce que tu fais sale négro! Ta gueule, sale négro!" C'est pour répondre de ces propos qu'un joueur de football comparaît ce mardi après-midi devant le tribunal correctionnel de Belley (Ain). C'est une première en France. Ce joueur du CS Lagnieu (deuxième division de district) est jugé pour "injures publiques envers un particulier en raison de l'ethnie, la race, le handicap ou l'appartenance religieuse". Des injures qu'il aurait adressées le 25 janvier à un joueur noir de l'équipe adverse, Rossillon. La victime, Maka Traoré, a porté plainte à la gendarmerie.

Aujourd'hui, face à cette situation, de plus en plus de joueurs engagent des poursuites. C'est une bonne chose, qu'il faut encourager", explique Carine Bloch, vice-présidente de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) - la Licra, qui a d'ailleurs délégué son avocat pour assister Makam Traoré. "La plainte du joueur professionnel de Valenciennes Abdeslam Ouaddou, en 2008, et la condamnation de l'auteur des propos raciste a servi d'exemple pour les amateurs", se félicite cette spécialiste du racisme dans le sport.

Dans des situations similaires, certaines victimes ont tendance à ignorer les propos xénophobes, voire à y répondre par la violence. "Il ne faut surtout pas réagir ainsi ou banaliser le phénomène, poursuit Carine Bloch. Le racisme est un délit, il doit être puni devant les tribunaux. D'ailleurs, dans cette affaire, l'intervention de l'arbitre, qui a interrompu le match, est exemplaire." Elle regrette en revanche l'attitude des dirigeants du district de l'Ain, responsables des compétitions départementales, qui "n'ont pas encore sanctionné le joueur incriminé".

Paul Michallet, le président du district, se défend pourtant de tout laxisme: "En deux ans, la Licra n'est intervenue que quatre fois sur des milliers de matches que nous organisons dans l'Ain, se défend-il. Pour ce match Lagnieu-Rossillon (5-0), nous avons donné match gagné à Rossillon et retiré 4 points au classement à Lagnieu. Concernant le joueur mis en cause, la commission de discipline attend le résultat de son procès."

 

 

http://desourcesure.com/sports/2008/02/encore_du_racisme_dans_un_stad.php

Le racisme dans les stades de foot fait maintenant partie de la routine. Il ne se passe pas un mois sans qu'une nouvelle affaire salisse l'image de ce sport. La dernière en date est l'affaire Ouaddou, le 16 février.  Dégouté par les insultes racistes d'un supporteur, le marocain s'est rendu en tribune pour essayer de s'expliquer mais a été retenu par la sécurité et s'est ensuite vu infliger un carton jaune par l'arbitre de la rencontre.  L’arbitre, Damien Ledentu a appliqué le règlement à la lettre mais en a oublié aussi une autre partie puisqu'il aurait même dû arrêter la rencontre, le règlement de la Fifa le permet en cas de racisme. Mais le match a continué comme si de rien n'était, comme souvent dans le football les choses et les gens ont du mal à bouger puisque même si ce supporter est un cas isolé, personne autour de lui dans la tribune ne réagit lorsqu'il traite Abdeslam Ouaddou de sale singe. Le joueur a décidé de porter plainte contre le pseudo supporter agé de 37 ans qui a été mis en examen pour insultes à caractère raciste et laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Il encourt jusqu'à six mois de prison et cinq ans d'interdiction de stade. Il a ensuite présenté ses excuses et affirme regretter amèrement ses paroles. Il sera jugé le 18 mars prochain. ANTOINE BOURIAT/ DSS

Par Zinedine Z. - Publié dans : Amitié entre les peuples
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