Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique  sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle.

 
On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.

 

Les J.O c'est pas beau

Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /2008 18:27

Le Collectif anti-olympique de Grenoble ( CAO )  http://cao38.eu.org/ nous prie de diffuser l'annonce suivante :


Lundi 24 novembre 2008 à 20h à la Maison du Tourisme de Grenoble


Conférence-débat avec Jean-Marie Brohm, sociologue critique du sport depuis plus de 40 ans, fondateur de la revue "Quel Corps ?" et de la revue "Prétentaine" à l’Institut de Recherches Sociologiques et Anthropologiques de l’Université Paul Valéry de Montpellier, auteur notamment de :
  • Le mythe olympique (Bourgois, 1981)
  • Les dessous de l’olympisme, avec Michel Caillat (La Découverte, 1984, Collection Cahiers libres)
  • La tyrannie sportive. Théorie critique d’un opium du peuple (Beauchesne 2006)
  • 1936, Les Jeux olympiques à Berlin (André Versaille Editions, 2008)
Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /2008 22:57

Ce texte un peu long sera publié en plusieurs fois. Il est très intéressant sur la dimension d'"appareil stratégique capitaliste" du sport. Jacques Hennebert explique bien ici comment les capitalistes utilisent les évenements sportifs pour modifier le paysage, développer les infrastuctures et déformer les mentalités pour faire du fric.

Z.Z

Jacques Hennebert : conseiller municipal et membre du comité des Jeux Olympiques en 1968, opposé à la candidature de Grenoble pour 2018


jeudi 30 octobre 2008 par Comité Anti-Olympique (CAO)
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=174

http://www.hns-info.net/spip.php?article15999



"Pour introduire le sujet je voudrais dire que l’adjectif "olympique" est perçu de façon très positive. On ne peut pas aller contre ça (Nous si ! :-) ). On parle d’une "forme olympique", d’un "idéal olympique". Il ne faut pas critiquer le concept mais sa version dévoyée. Le concept, c’est le sport désintéressé, nu, avec peu ou pas de spectateurs : c’est un hommage à ceux qui étaient là avant nous et qui étaient un peu idéalistes. Aujourd’hui c’est très mal vu d’être idéaliste. La version dévoyée, c’est ce qui va suivre.

Il est difficile de faire une comparaison entre les jeux de 1968 et ceux qui pourraient avoir lieu en 2018 parce qu’il y a eu Mai 68, la mondialisation, le changement climatique, la surconsommation, tout ça n’existait pas en 68. Le monde a changé. Mais les erreurs de 68 peuvent se répéter.

Les Jeux avaient été décidés sous la municipalité Michallon. Nous avons été élus en 65 et c’était inscrit dans les programmes des candidats. Moi j’étais sur la liste du PSU de Mendès France et Rocard. On était tous à fond la caisse pour les Jeux, heureux, enthousiastes, on croyait à tout, c’était l’avenir, le sport, ça se mélangeait sans doute un peu dans nos têtes. Je ne me souviens pas qu’il y ait eu des récriminations. Avant les Jeux, les Grenoblois étaient globalement contents, avec une certaine fierté.

Que s’est-il passé au moment des Jeux de 68 ? Les collectivités et l’Etat ont mis le paquet sur des équipements spécifiques. Le tremplin de Saint-Nizier, c’est banal de dire qu’il ne sert plus à rien. L’anneau de vitesse, c’est dommage que cet investissement ne soit pas devenu un endroit populaire pour s’amuser le dimanche en hiver sans prendre sa voiture pour aller en montagne. Ça a duré un moment puis ça n’a plus été estimé rentable. C’est un choix politique, on a préféré mettre de l’argent dans le foot.

Urbanisme : tout le monde s’écrase devant les Jeux

Parlons des grands boulevards, où j’ai habité avant 68. Il y avait des trottoirs de 12 mètres qui étaient des vrais jardins pour les enfants. Mon fils y a appris à faire du vélo, les enfants descendaient pour jouer parce que c’était un jardin. Les Jeux Olympiques ont été l’opportunité pour tous les techniciens et les politiques de l’époque de mettre une croix dessus en disant : il faut que les bagnoles passent. En 68 on a tout cassé, on a fait des contre-allées où rentrent les voitures, et ensuite stationnent sur les trottoirs, c’est devenu l’horreur. Récemment on a dû refaire les boulevards de façon un peu plus humaine, on n’a pas retrouvé les 12 mètres d’avant.

En 1966, je me souviens avoir réveillé mon fils à une heure du matin pour qu’il vienne voir la transhumance qui passait sur les boulevards. Je me souviens d’un grand silence, puis des clochettes. En 68 les moutons sont passés en camions, j’ai vu passer les camions, et les moutons se plaindre. Ça m’a fait mal au cœur.

Pour les Jeux on a aussi fait l’autopont, avec une vision très routière. L’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées disait : on commence par là et le suivant c’est le carrefour Jean Pain. On allait faire des autoroutes partout pour traverser Grenoble, c’était la mentalité de l’époque, des ingénieurs des Ponts et Chaussées. Ce qui prouve une fois de plus qu’il ne faut jamais laisser les techniciens faire tout seuls, ils font des bêtises. Ils sont très gentils mais font des bêtises. J’ai moi-même été technicien.

L’exemple des grands boulevards me paraît caractéristique de graves erreurs parce qu’on a cédé à des réflexes de soi-disant modernité, d’urgence, d’image, sans réflexion véritable. Les urbanistes de l’époque se sont un peu écrasés et n’ont pas eu la vision d’avenir.

On a fait beaucoup de choses et on l’a mal fait. Et aujourd’hui, en 2008, on veut nous faire avaler des couleuvres, disant que pour les Jeux de 2018 il faut faire la rocade. C’est devenu une des pièces maîtresses, et comme les élus socialistes, et la Métro, ne savaient plus comment faire passer la rocade, ils sont tout contents de trouver l’opportunité des Jeux pour dire : de toute façon il n’y a pas à discuter, c’est un fait, c’est normal parce qu’il va y avoir du monde. Donc il nous faut la rocade, comme si c’était inscrit dans l’histoire et qu’on devait y aller un jour ou l’autre. Par ailleurs la ville de Grenoble développe des consultations très sérieuses et intéressantes sur l’avenir du centre ville et des quais, et sans le dire, on suppose que c’est grâce à la rocade qu’on pourra apaiser la circulation dans ces secteurs. Ça fait partie d’une stratégie globale où la rocade est incluse, ce que nous contestons. Pas seulement moi mais l’ADTC (NDR : Association pour le développement des transports en commun) et toutes les associations convenables sur la place grenobloise. Les erreurs peuvent se répéter, après les boulevards en 68, l’erreur de la rocade est peut-être pour bientôt. Ce qui est caractéristique : sous prétexte de nécessité globale pour faire passer les Jeux, on ne discute même plus. Devant les Jeux tout le monde s’écrase. En 68 sur les grands boulevards, l’interdiction de stationner et de circuler a été complètement respectée, tout le monde se faisait tout petit pour laisser passer les Jeux. Voir les grands boulevards déserts pendant 15 jours ça faisait un drôle d’effet. Ils étaient interdits, pour ne pas gêner le trafic des camions de neige ou de tout le nécessaire. Il y a une discipline presque militaire qui a très bien fonctionné en 68. Les gens se sont écrasés. L’armée était présente, mais les gens aiment les Chasseurs alpins.

Après les Jeux de 68, dans les premiers mois on a profité des aménagements. Les grands boulevards au lendemain des JO c’était pas désagréable. Mais rapidement, comme on avait créé une offre routière, les voitures s’y sont engouffrées, les gens ont acheté des voitures. L’ADTC a commencé à évoquer le tram, et l’adjoint à l’urbanisme, Jean Verlhac, en 71, est venu nous voir au PSU et nous a dit : "vous vous rendez compte à l’ADTC ils veulent le tram, comme le tram de nos grands-mères". Le monde associatif a évolué plus vite et a mis en débat dans la population le tram. Un peu comme pour la rocade aujourd’hui. Les élus sont tous pour, mais l’ADTC prévient que c’est une bêtise.

En 65 avec des copains de la municipalité on avait mis en avant un rapport de Buchanan, un Anglais, qui avait écrit "Traffic in town" et qui privilégiait le piéton en ville, en mettant en garde contre la voiture. La ville est faite pour rassembler, et les hommes ne se rassemblent pas dans des voitures mais en tête à tête, à pied. On sentait déjà le danger à l’époque. Pourtant, on a, j’ai laissé faire des erreurs de techniciens qui ont adapté la ville à la voiture, avec trop de voies, trop larges, avec des courbures de virages permettant de tourner à toute vitesse. On a cédé à la pression des techniciens, qui avaient forcément raison. Sur les boulevards, à une époque, on pouvait rouler à 100 à l’heure. J’en ai fait l’expérience. Boulevard Jean Pain devant la mairie les gens roulaient à 100 à l’heure jusqu’au boulevard Agutte Sembat, sur deux fois trois voies. Il a fallu faire changer les mentalités centimètre par centimètre. On a construit des villes pour la périphérie, chacun son petit pavillon, sa voiture.

( A suivre. Prochain post : L’idéal olympique : "On va les écraser".)

 


Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /2008 00:27
Date Tue, 21 Oct 2008 20:05:50 +0200 (CEST)
http://ainfos.ca/fr/ainfos07788.html
voir aussi :
http://contrelesolympiquesde2010.anarkhia.org/


Le Train de la Honte aboutit pathétiquement à Montréal dans un éclat de perturbation anti-olympique!

Montréal, le 20 octobre 2008 ? Une centaine de manifestant-e-s se sont rassemblé-e-s dans le Vieux Port de Montréal, samedi dernier, pour perturber le dernier toussotement public du soi-disant « Train de la fierté » du Canadien Pacifique. Après plusieurs manifestations et perturbations similaires tout au long de sa course à travers le pays, de la côte ouest jusqu'à Montréal, le « Train de la fierté » (surnommé le « Train de la Honte »), a une fois de plus été accueilli bruyamment par des manifestant-e-s et a dû modifier ou carrément annuler plusieurs éléments du programme prévu pour la cérémonie de clôture.

-> Photos de la perturbation du Train de la fierté du CP à Montréal :
http://www.mediacoop.ca/photo/138

Parmi les manifestants et manifestantes du « Comité d'accueil du Train de la Honte à Montréal » figurait un importante délégation de la communauté Mohawk de Kahnawake, dont Stuart Myiow Sr. du Mohawk Traditional Council, et Carol
McGregor, qui a parlé de la résistance soutenue contre le projet d'extension de l'autoroute 30 sur la rive sud de Montréal, à travers le territoire de Kahnawake.

Norman Matchewan, de la communauté Algonquine de Lac Barrière, a présenté la lutte actuelle menée par sa communauté, à quatre heures au nord de Montréal, pour forcer le gouvernement à respecter ses engagements (plus de renseignements sur la lutte des Algonquins de Lac Barrière:
www.solidaritelacbarriere.blogspot.com ).
Les manifestant-e-s ont aussi dénoncé les propos racistes tenus par Richard Pound, le représentant
canadien du Comité international olympique (CIO) et chancelier de l'Université McGill, qui en août dernier a affirmé que le Canada du 17è siècle n'était rien qu'un « pays de sauvages ».

Le Comité d'accueil du Train de la Honte, muni d'un système de son mobile et accompagné par l'Ensemble Insurrection Chaotique (la fanfare anarchiste de Montréal) a facilement réussi à se rendre jusqu'au site principal du
soi-disant « Spirit Train ». Malgré les pitoyables efforts déployés par la police du Vieux Port, la police de Montréal, la GRC? et le personnel du Train de la Honte pour bloquer leur passage, les manifestant-e-s ont
facilement contourné la « sécurité ».

Pendant la majeure partie de la journée, les manifestants et manifestantes étaient en fait plus nombreux-euses que les spectateurs et spectatrices du Train de la honte! Les organisateurs de l'événement ont dû annuler les
discours des athlètes prévus au programme, et les prestations musicales de « l'orchestre maison » du CP et des « québécois de service » de la Bottine Souriante ont été tapageusement perturbées par des slogans anti olympiques
matraqués avec insistance par les protestataires. Les mascottes olympiques, quant à elles, ont systématiquement dû fuir sous escorte chaque fois que les manifestant-e-s s'en approchaient pour dénoncer l'indécente réappropriation
culturelle dont elles sont un exemple aberrant. La diffusion en direct des commanditaires médiatiques du « Spirit Train », (Q92 et Team990) a également été perturbée à plusieurs reprises, au grand désespoir des
réalisateurs! Au moins un millier d'autocollants ont été apposés sur le site du Train de la Honte, et des centaines de dépliant exposant les « Dix raisons de s'opposer aux Olympiques de 2010 » ont été distribués
(principalement aux passant-e-s, puisque pratiquement personne n'était sur place pour participer à l'événement du Train de la Honte!)

Dans un reportage de la Presse Canadienne, le CP a affirmé qu'au moins 1 500 personnes ont participé à leur événement à Montréal, et qu'au total environ 35 000 personnes ont participé aux activités du Train d'un bout à l'autre du
pays, mais il est évident que ces estimations sont ridiculement exagérées.
En réalité, toute l'entreprise du soi-disant Tain de la fierté fut un échec monumental, depuis son départ de Port Moody, C.-B., jusqu'à son dernier stop à Montréal, en passant par l'idée saugrenue de planifier un événement le
lundi de l'Action de Grâce à Mississauga, ON., et l'action courageuse des activistes qui se sont enchainé-e-s à la voie ferrée pour entraver le passage du Train dans le sud de l'Ontario. En fin de compte, les réseaux de solidarité avec les peuples autochtones ont été en mesure de perturber le passage du Train de la Honte d'un bout à l'autre du pays.

La mobilisation du week-end dernier contre le Train de la Honte poursuit la série d'événements organisés à Montréal pour sensibiliser la communauté et mobiliser la résistance aux Jeux olympiques de 2010 :

-> Une vidéo (en 5 parties) documentant la visite des organisateurs autochtones anti-olympiques Gord Hill et Angela Sterritt à Montréal (mai 2008): http://www.isuma.tv/?site/displayFilm/id/521/webcam//thumbpage/1
-> Un photo reportage documentant la visite des organisateurs autochtones anti-olympiques Kanahus Pellkey et Dustin Johnson à Montréal (janvier 2008):
http://photos.cmaq.net/v/no2010/
-> D'autres reportages et informations en français :
http://contrelesolympiquesde2010.anarkhia.org/
-> Dix raisons de s'opposer aux Olympiques de 2010 :
http://www.amp-montreal.net/?q=fr/node/28 (consultez page 56 de la zine du
Bloc-AMP)

Des activistes de solidarité avec les peuples autochtones continueront de travailler avec leurs alliés autochtones pour sensibiliser la population au sujet de la résistance aux Jeux olympiques de Vancouver 2010 et de la
campagne « Resistance 2010 ».

-- Un rapport du Comité d'accueil du Train de la Honte à Montréal
indigenoussolidaritymontreal(a)gmail.com -http://www.amp-montreal.net/?q=fr/node/9


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Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Lundi 6 octobre 2008 1 06 /10 /2008 17:41
Nous avons reçu un appel que nous publions ici. Ni à Grenoble, ni ailleurs ! Les JO, c'est pas beau !
Z.Z

Bonjour,

La Ville de Grenoble s'apprête, lors d'un conseil municipal extraordinaire, le 6 octobre, à officialiser sa candidature aux Jeux Olympiques d'hiver de 2018.

Le CAO - Comité Anti-Olympique - dénonce les ravages qu'une telle entreprise infligerait à une technopole déjà éprouvée par la course à la croissance et à la compétition menée par ses dirigeants (urbanisation démesurée, pollution, ségrégation sociale, technification de la région).

Vous trouverez ci-dessous le texte d'une pétition lancée le 1er octobre 2008 et qui a recueilli, en une semaine à peine, 2000 signatures dans la région.

Non aux Jeux Olympiques, ni ici ni ailleurs.

CAO - Comité Anti-Olympique
comiteantiolympique@yahoo.fr

http://nantes.indymedia.org/article/15011
****************
m o i n s v i t e – m o i n s h a u t – m o i n s f o r t

Nous ne voulons pas d'une candidature grenobloise
aux Jeux Olympiques de 2018

Nous, habitants de la cuvette grenobloise et des communes de montagne voisines, refusons la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques de 2018. Non, la population n'est pas unanime pour défendre un projet dont les conséquences seraient lourdes pour la vie des Grenoblois :

- Un coût indécent. Les JO de 1968 ont été remboursés, via des impôts locaux augmentés, jusqu'en 1995. Une simple candidature coûte des dizaines de millions d'euros. Pour les seuls "Jeux de la Neige" (4 au 6 décembre 2008), opération de communication destinée à impressionner le Comité Olympique, la mairie débourse 400 000 € (pour un coût total dépassant largement le million d'euros). N'avons-nous pas de besoins plus urgents à régler avec de telles sommes ?
M. Destot prétend que sa réélection en mars 2008, sur un programme comportant la candidature aux JO, légitime ses lubies. Rappelons qu'il a obtenu, au 2e tour des municipales, 20 959 voix sur un collège de 127 551 Grenoblois en âge de voter. Un Grenoblois sur 7 seulement.

- Des aménagements démesurés. Alors que la cuvette étouffe dans la pollution et souffre d'une urbanisation galopante, les JO imposeraient des années de travaux pour créer 30 000 lits - hors spectateurs ! – et des infrastructures gigantesques : Rocade Nord avec tunnel sous la Bastille, autoroute A51, agrandissement de l'aéroport de Saint-Geoirs, élargissement de l'A48, etc. La mairie veut profiter des J.O pour accélérer la réalisation du Sillon Alpin (continuité urbaine de Genève à Valence sur 220 km) et l'urbanisation high tech du centre (le projet GIANT et ses gratte-ciel). Nous refusons cette mégalopole inhumaine.

- Un environnement saccagé. Les JO de 1968 ont laissé des massifs défigurés : tremplin à ski de Saint-Nizier du Moucherotte (280 000 m3 de terrassement (1)) devenu un tas de béton abandonné ; matériel d'éclairage laissé tel quel aux Trois Pucelles et sous le Moucherotte ; piste de bobsleigh de l'Alpe d'Huez – 3000 m3 de béton coulé - abandonnée depuis 1972, etc. Cinquante ans plus tard, cette même course folle à la croissance économique qui justifie la candidature de Grenoble a bouleversé le climat et la montagne : la neige se fait rare dans les stations de moyenne altitude. Les Jeux exigeront ces canons à neige qui, dans le Vercors par exemple, imposent de créer des lacs artificiels, gaspillent une grande quantité d'eau et d'électricité, perturbent les cycles naturels de la végétation, de la faune, et ravagent les paysages (2).

- Une ville fliquée. En 1968 l'armée avait déployé 7000 soldats dans Grenoble. En 2018, grâce aux avancées des technologies sécuritaires, la ville sera couverte de caméras de surveillance, de systèmes de traçabilité (puces RFID) et d'identification (biométrie), et placée sous contrôle policier. Un avant-goût est fourni par les dispositifs installés au Stade des Alpes et acceptés en toute soumission par les supporters.

- Une idéologie répugnante. L'"idéal olympique" sans cesse loué par les décideurs est résumé par les déclarations du maire de Grenoble, M. Destot : "Une candidature en 2018 est une formidable opportunité pour notre ville"; "Une formidable opportunité pour la montagne française, confrontée à une concurrence mondiale en matière de développement sportif, économique et touristique." En somme, il s'agit de mettre à genoux nos concurrents mondiaux en toute fraternité et de remplir les poches des idéalistes chefs d'entreprises, commerçants et développeurs touristiques dauphinois. Qui ne s'y sont pas trompé puisqu'ils ont créé l'association "Pro JO" à l'initiative de la Chambre de Commerce et d'Industrie, qui ordonne dans un courrier aux patrons grenoblois : "Vous êtes chef d'entreprise responsable, vous vous devez d'être intéressé par cet événement." L'idéal olympique, c'est celui de l'argent, de la compétition, de la réussite
à tout prix, y compris celui de la triche : "Le milieu sportif de haut niveau éduque efficacement ses adeptes à la dope, à la triche, à la magouille et aux petits arrangements pour monter sur le podium. Le sport de haute compétition est une course poursuite incessante entre les gendarmes - les officiels des fédérations - et les voleurs : les champions qui veulent toujours jouer avec les règlements afin de passer l’adversaire (...). »(3) Bref, la loi du plus fort..

De Berlin à Pékin, l'idéal olympique a prouvé qu'il s'accordait à toutes les dictatures. Par respect pour le sport, pour la dignité et la liberté, nous refusons la candidature de Grenoble.

Non aux Jeux Olympiques, ni ici ni ailleurs.

Grelibre, le 1er octobre 2008
CAO – Comité Anti-Olympique
comiteantiolympique@yahoo.fr

Notes
(1) Le Daubé, 28 Janvier 2008
(2) Montagne Magazine n°287, novembre 2004
(3) http://www.rue89.com/stethosport/le-sport-de-haut-niveau-grande-ecole-de-la-triche
Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /2008 23:22
De nos camarades canadiens.
Z.

Lundi 22 septembre 2008 - Parmi pots, casseroles, sirènes et chants tels que “No Olympics on Stolen Native Land” (Pas d’Olympiques sur des Terres Autochtones Volées), les activistes du Réseau de Résistance aux Olympiques (ORN) - y compris familles avec enfantEs - ont abattu avec succès la cérémonie d’hier, qui annonçait le départ du Train de l’Esprit, partant de Port Moody (tout près de Vancouver), et s’apprêtant à faire le tour du Canada sur les rails du Canadien Pacifique.

D’après Gord Hill, membre du Réseau de la Résistance aux Olympiques, ” Avec les manifestantEs presque plus nombreu-ses que les spectateurs-rices, la partie la plus vive d’aujourd’hui fut celle de la résistance contre les Olympiques. Nous sommes confiantEs que l’annulation forcée de cette cérémonie en inspirera d’autres, alors que le Train voyage à travers le Canada.”

L’action au Port Moody fut la première d’une série d’actions contre le Train de l’Esprit Olympique qui se plannifient à travers le pays tel qu’à Edmonton, Calgary, Montréal et Toronto au cours du prochain mois.

Des activistes ont plus tard déclaré qu’elles/ils sont enragéEs par les arrestations non-justifiées et délibérées des deux personnes, comprennant une femme aînée. Ces deux personnes ont, depuis, été relâchéEs.

D’après le manifestant Peter Haywood “À aucun moment, lors de cette manifestation, nous avons menacé, provoqué ou attaqué quiconque. Néanmoins, certain-es membres du public aussi bien que des officiers de police identifié-es ou fantômes ont agressivement poussé et attaqué des manifestantEs, ce qui a augmenté l’intensité de la situation.”

Par exemple, une femme avec deux enfants est entrée dans la foule très agressivement confrontant les manifestantEs. Tous les manifestantEs ont fait une place pour partir, néanmoins avec ses deux enfants elle décida de rester et d’injurier les manifestantEs. Pendant ce temps, un jeune homme manifestant a été poussé par un photographe sur un policier, qui l’a promptement arrêté sans raison apparente. Une vieille dame, qui avec d’autres personnes concernées a suivi la police pour les questionner sur l’arrestation, a été violemment poussé contre le capot d’un véhicule et arrêté.

La police a refusé de lire les droits aux personnes arrêtées et de leur expliquer leurs accusations. Ces arrestations arbitraires sont une expression du fascisme policier, qui a rendu utilisable la liberté d’expression dans le but de défendre les intérêts olympiques, comme le disait Alissa Westergard-Thorpe, témoinE des arrestations.

Comme le dit le Réseau de résistance aux Olympiques : Loin d`être simplement à propos de sport, l’histoire des Olympiques est une des racines du déplacement, de l’avidité corporative, de la répression et de la violence. Au Canada, les effets de la venue des Jeux d’hiver sont déjà en apparence – expansion du tourisme sportif sur les terres indigènes, accroissement de l’itinérance à travers la province, gonflement (ballonnement) des dépenses publiques, destruction sans précédent de l’environnement et augmentation sans précédent des dépenses pour la police et la sécurité.

Pour plus d’informations ou si vous êtes intéresséEs d’organiser ou de coordonner activement les efforts de la résistance contre les Olympiques de 2010, svp visitez www.no2010.com ou écrivez à olympicresistance@riseup.net Un communiqué du ORN a été posté à : http://no2010.com/node/295

Agissez contre le Spirit Train dans votre ville ! Pour l`horaire et les arrêts du Spirit Train, svp visitez : http://www.no2010.com/node/295

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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 20:00
Parfois, les anars savent faire un excellent travail d'information. Lire cette brochure sur le Tibet ici : http://infokiosques.net/spip.php?article587

Tibet : La rage en éclats

Visions romantiques et spiritualistes ou critiques à tout va sur la Chine sont tour à tour invoquées pour parler du Tibet. Mais force est de constater qu’elles échouent à rendre compte de la complexité de la situation. En synthétisant ici pour l’essentiel un travail de Steve Lehman et Robbie Barnett, nous espérons pouvoir faire entendre une voix moins souvent portée par les médias ou l’opinion commune, celle d’opprimé-e-s en lutte contre ce que l’on nomme trop peu souvent un fait colonial. Mais il s’agit également de redonner une cohérence autant qu’une visibilité aux résistances et aux multiples soubresauts de révoltes qui émaillent l’histoire de ce peuple. Les évènements de mars 2008 apparaissent alors comme les plus récents éclats visibles de cette rage qui, quoi qu’en disent les autorités chinoises, prouvent que la détermination des Tibétain-e-s à reconquérir leur indépendance est loin d’être anéantie.

Au sommaire :

- La politique chinoise au Tibet (bref aperçu)
- Les soulèvements tibétains
- L’essai de Robbie Barnett
- Chronologie du Tibet au XXe siècle

Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /2008 22:26
En ce qui concerne les femmes, Monsieur le Baron n'est pas mal non plus...


"Techniquement, les footballeuses ou les boxeuses qu'on a déjà tenté d'exhiber ça et là ne présentent aucun intérêt ; ce seront toujours d'imparfaites doublures. Il n'y a rien à apprendre à les regarder ; aussi ceux qui s'assemblent dans ce but obéissent-ils à d'autres préoccupations. Et par là, ils travaillent à la corruption du sport sans aider par ailleurs au relèvement de la morale générale. (...)
"Peut-être les femmes s'apercevront-elles bientôt que cette tentative ne tourne pas au profit de leur charme ni même de leur santé. Par contre, il n'est pas sans intérêt que l'épouse puisse participer dans une assez large mesure aux plaisirs sportifs de son mari et que la mère soit à même de diriger intelligemment l'éducation sportive de son fils."

(Pédagogie sportive, Paris, 1922, Librairie Vrin 1972, pp 114-115)
Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /2008 09:34
Un autre sujet favori de notre fondateur de l'olympisme, c'est l'inégalité des races. Là, c'est du lourd, je vous préviens :

"Le sport peut donc jouer un rôle en colonisation, un rôle intelligentet efficace. Les races que nous avons coutume de regarder comme "coloniales", nous autres européens, parce qu'en ces derniers siècles, nous avons entrepris de les dominer et de les diriger ne sont pas, pour la plupart, rebelles au sport. (...)
"Les Asiatiques du sud ont beau avoir un passé complexe et grandiose, leur existence d'aujourd'hui n'en saurait pas moins être qualifiée de primitive par rapport à la nôtre. Encore mieux ce qualificatif s'applique-t-il aux Africains et aux Océaniens qui ne traînent pas derrière eux pareil passé. (...)
"Les sports sont en somme un instrument vigoureux de disciplinisation. Ils engendrent toutes sortes de bonnes qualités sociales, d'hygiène, de propreté, d'ordre, de self-contrôl. Ne vaut-il pas mieux que les indigènes soient  en possession de pareilles qualités et ne seront-ils pas ainsi plus maniables qu'autrement ? Mais surtout, ils s'amuseront."

Revue Olympique, janvier 1912, pp 7-10. Publié aussi dans dans Essais de psychologie sportive, pp 233-241.

A se demander si Mr le baron aurait soutenu l'organisation des JO à Pékin. Ces grands enfants primitifs en sont-ils capables ?
Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /2008 22:54
A quelques jours des JO, je vous propose une rétrospective Pierre de Coubertin. La connaissance du fondateur des Jeux Olympiques modernes est extrêmement intéressante pour comprendre pourquoi le sport s'acoquine si bien avec les réactionnaires et les dictateurs, et même, à l'exemple du Seigneur des anneaux lui-même, avec les nazis.

"Le sport, ce n'est pas l'exercice physique bon pour tous au point de vue de l'hygiène à condition d'être sage et modéré. Le sport est le plaisir des forts ou de ceux qui veulent le devenir physiquement et moralement. Il comporte donc la violence, l'excès, l'imprudence. Rien ne le tuerait plus sûrement que de le vouloir emprisonner dans une modération qui est contraire à son essence."  (Le sport, élément de paix (sic), publié dans Centenaire Pierre de Coubertin, Paris, Presses de l'imprimerie nationale, 1964)

« La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau. » (Baron Pierre de Coubertin, Les Assises philosophiques de l’Olympisme moderne).


Qu'on se le tienne pour dit.
(A suivre)
Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /2008 11:43
Toujours captivés par leur nombril, les journalistes font semblant de découvrir que la Chine n'est pas un pays libre. Internet censuré, leur problème n'est pas celui des dissidents persécutés et emprisonnés depuis des années. Non, c'est leur propre "liberté" de parole qui est le motif de leurs jérémiades. Encore faut-il porter crédit à la croyance que les journalistes sont libres de s'exprimer.



Déjà le 13 décembre 2007, on pouvait lire :

Comment la censure ligote la Toile

Blocage à la source des sites étrangers gênants : Amnesty International, Reporters sans frontières, sites des Tibétains en exil, la plupart des sites taïwanais, BBC, Wikipedia... aucun de ces sites n'est accessible depuis la Chine. Analyse des messages par des logiciels de reconnaissance par mots clefs. Suppression des posts jugés subversifs. Imposition d'une charte de bonne conduite signée par les serveurs nationaux et étrangers opérant en Chine (d'où le scandale Yahoo!, qui a permis l'arrestation de plusieurs « cyberdissidents » en communiquant leur identité au gouvernement chinois). Obligation de présenter des pièces d'identité dans les cafés Internet. Resserrage du maillage des cyberpoliciers, désormais présents jusque dans les bureaux des comités de quartier... La liste des mesures prises par le gouvernement pour contrôler Internet est une litanie sans fin. Malgré les stratégies de contournement employées par les internautes (recours aux proxys, hébergement de leurs blogs à l'étranger, utilisation de langages codés dans les
posts sensibles), la censure reste difficile à éviter. Près de 50 cyberdissidents se trouveraient actuellement dans les prisons chinoises.

Et bien sûr, qu'on ne compte pas sur le CIO pour y voir un problème.

Lors des prochains Jeux Olympiques d’été qui se dérouleront à Pékin en 2008, les médias devront « s’adapter » aux coutumes chinoises en matière de couverture médiatique.

Réfutant toute volonté de censure, le président de la commission de la presse du Comité international olympique (CIO), Kevan Gosper, a déclaré que la Chine a « sa propre façon de gérer sa communication, comme les pays occidentaux, l’Asie, l’Océanie et l’Afrique ont la leur. » MediaBB, 31 mai 2005



Par Zinedine Z. - Publié dans : Les J.O c'est pas beau
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