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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 11:11

Le monde est un terrain de jeux pour ceux qui sont plein de fric. Les pauvres brésiliens l'apprennent à leur tour. S'ils aiment le "footiball" celui-ci ne leur rend pas.

Pour comprendre une des raisons du soulèvement actuel dans ce pays.

Bises

Zinedine Z.

 

Expulsions, destructions, stigmatisations : l'indigne Coupe du monde 2014 au Brésil

Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/886977-expulsions-destructions-stigmatisations-l-indigne-coupe-du-monde-2014-au-bresil.html

 

FOOTBALL. Le 12 juin 2014, Sao Paulo accueillera le match d'ouverture de la 20e édition de la Coupe du monde de football. Pendant un mois, de Manau à Salvador, de Porto Alegre à Fortaleza, le Brésil va vibrer au rythme des rencontres, des victoires et des espoirs déçus.

 

Les aficionados vont affluer du monde entier – 3 millions de personnes ont fréquenté les stades sud-africains lors de l'édition 2010 – et la première puissance d’Amérique du sud s’est engagée dans des chantiers gigantesques de création, ou de rénovation, de stades futuristes ainsi que d’infrastructures sportives et touristiques.

 

Le Brésil espère des retombées économiques à la mesure des 14,5 milliards de dollars d’investissements, les plus importants de l'histoire du sport, financés à 99% par les pouvoirs publics.

 

Une politique massive d'expulsions

 

Mais les grands travaux ne sont pas qu’une question d’investissements et comme cela fut le cas en Chine pour les Jeux olympiques de 2008, ou à Sotchi en Russie où doivent se tenir les prochains Jeux olympiques d’hiver 2014, de nombreuses personnes sont menacées d’expulsions forcées. Des expulsions qui touchent en particulier les couches sociales les plus vulnérables, les plus démunies.

 

Au Brésil, la politique massive d’expulsions forcées devrait concerner 150.000 personnes dont 40.000 pour la seule ville de Rio de Janeiro. La ville abrite entre 600 et 1.000 favelas, dont la plus ancienne, Morro da providencia, date de 1887, où vivent plus de 6 millions de cariocas. 40.000 personnes seront expulsées pour faire place nette aux infrastructures sportives. Mais pas seulement.

 

Les habitants des favelas sont souvent stigmatisés et pour certains représentants de la municipalité la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques de 2016 sont une opportunité pour effectuer des "opérations de nettoyage social", détruire certaines favelas pour embellir la ville voir même réaliser des projets immobiliers de standing.

 

Les favelas détruites pour la construction du village olympique et d’une autoroute auraient dû être épargnées. C’est ce que prévoyaient les projets initiaux…

 

Les valeurs du sport bafouées

 

Toutefois, qu’elle qu’en soit la cause, cela ne peut justifier que, le plus souvent, ses expulsions se font sans concertation avec les populations concernées ou que, contrairement à la loi brésilienne qui stipule que les habitants d’un terrain appartenant à l’État – ce qui est le cas que quasiment toutes les favelas – ne peuvent être expulsés et relogés à plus de 7km de leur ancien logement, de nombreuses personnes ont été relogées à plus de 70km.

 

Ces expulsions forcées ne violent pas seulement le droit brésilien et les engagements internationaux du Brésil. Elles bafouent également les valeurs universelles du sport revendiquées par les instances sportives mais que certains dirigeants s’empressent de renier à l’image de Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA (Fédération international de football association), le 13 avril dernier.

 

"Je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde", a-t-il dit lors d'une conférence au siège de la Fifa à Zurich.

 

"Quand on a un homme fort à la tête d'un État qui peut décider, comme pourra peut-être le faire Poutine en 2018, c'est plus facile pour nous les organisateurs qu'avec un pays comme l'Allemagne où il faut négocier à plusieurs niveaux."

 

La démocratie n'est pas une variable d'ajustement

 

Les droits humains et la démocratie ne sont pas des variables d’ajustement et ne sont pas à sacrifier sur l’autel du sport, au nom de la bonne tenue de la compétition, comme ils ne peuvent l’être au nom de l’économie ou des relations géopolitiques.

 

Il est urgent que les dirigeants sportifs se conforment aux valeurs qui leur sont chères et intègrent dans le processus de sélection d’attribution des grands évènements sportifs le respect des droits humains de même que les multinationales doivent les intégrer dans leur projet de développement.

 

Le 2 juin, trois ans après le début du chantier de rénovation, le mythique stade Macarana de Rio de Janeiro, qui accueillera les 90.000 spectateurs de la finale de la Coupe du monde, a rouvert ses portes. Un chantier dont le budget à lui seul a atteint plus de 430 millions d’euros pour la mise en conformité avec les normes de la FIFA. Des normes qui ne concernaient pas les droits des habitants des favelas

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  • : Le blog de Zinedine Z.
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  • : Ce blog prétend déjouer l'hypocrisie du discours dominant sur le sport. Le sport est une emprise sur l'activité physique, une clôture pour la rentabiliser. Il tient le corps dans sa poigne de fer. Il enferme ses jeux, ses efforts, dans un système de mesures, afin de classer, comparer, hiérarchiser. Il presse l'activité physique sans fin pour en exiger une plus-value perpétuelle. On ne peut pas séparer le sport de la logique compétitive imposée aux êtres humains. A l'affrontement sportif correspond la lutte pour la survie, le "struggle for life" du capitalisme.
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